La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

DES SEn.VICES CO~LMUNAUX 11 à la Ville les capitaux nécessaires; elle devra rendre compte à la Ville de tons les produits de l'exploitation, sur lesquels elle aura droit, commé la Compagnie des eaux, à un prélèvement proportionnel au développement de l'exploitation. « Cette transformation peut se faire sur le champ. En tout cas, elle sïmposera chaque année davantage à la Compagnie parisienne (l).>> Cette conclusion est socialiste au premier chef. Toute occasion de transformer un monq'pole onéreux en service public doit être avidement, saisie par les représentants de l'Etat ou de la Commune, et no pas le faire serait se rendre coupable de forfaiture (2). Seulement, pour l'application on peut préférer aux Compagnies fermières, préconiséP-spar M. de Flaix, la régie directe qui, aussi dans le cas particulier qui nous occupe, a fait ses preuves. (1). Fournier de Flaix: Loco citato. (2). Au moment où nous ècrivons ces lignes, la Compagnie du gaz soute- , nue par la prèfectur~ <le la Seine tente de faire prolonger son privilège ; la presse ,·énale a fait grand bruit des concessions faites pu la Compagnie. Voici sur ce point l'apprèciation d'un journal nullement socialiste la Finance Nouvelle. « Au bas mot, la part de propriété de la Ville vaudra 300 millions dans 21 ans. En louant cette propriété à de nouveaux concessionnaires sui· le pied de 5 0/0, la Ville toucherait, annuellement 15 millions, pom· prix de sa lot·ation, et en Yendant le gaz à 20 centimes, le loi:ataire ferait encore de beaux bénéfices. Une recette annuelle <le 15 millions représenterait 375 million3 au bout de 25 ans, c'est-à-dire au bout de la période pendant laquelle la Compagnie voudrait conserver son monopole. Qu'offre donc la Compagnie en échange de ces 375 millions dont elle voudrait priver la Ville? De faire remise aux consommateurs pendant les vingt-etune dernières années de son existence, de cinq centimes pat· mètre cube de gaz. C'est 283 millions de mètres cubes qu'elle vend actuellement par an. En admettant que la. moyenne annuelle des vingt:et-une années à veni1· soit de ::100millions, l'aba.nJ9n de 5 centimes représenterait une moyenne annuelle de 15 millions, dont ï înillions et demi seulement serâient réellement à la charge de la Compagnie, à cause du partage des bénéfices avec la Ville. Ainsi, la Compaguie en abandonnant 7 millions et de::ni pat· an pendant vingt et un ans, jouirait ensuite, pendant vingt-cinq ans, gratuitement d'une propriété dont la Ville poui-rait tirer une location annuelle de 15 millions. Elle ferait comme ou le voit, un bien beau marché. Ses actions bondiraient, du coup, aux environs de 3,000 francs. C'est 150 millions, en effet, qu'elle abmdonnerait par fractions annuelles, dans l'espace de 21 ans, pour acquérir une dispense de 3î5 millions. 1> Le marché proposé par la Compagnie apparaitra 'bien plus onereux si l'on fait eutrer en ligne de compte la gratuité de l'éclairage public et la diminution des prix de vente qui résulteraient, en outre, non pas de l'affermage à d'autres conct:ssionnaires, mais de la misti en régie.

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