110 L.\ REYUE SOCIALISTE d'énumérer: la rage prohibitionniste a principalement st'•vi sur t.out cc qui touchait à l'alimentation, voire môme à la toilette; le plus petit brin d'herbe n'a pas échappé ù la voracité parlementaire. Le paysan demande ù ôtrc protégé, dites-vons. En ôtes-vous bien sùrs? Pas tous, en tous cas, notamment les horticulteurs qui protestent au contraire contre \'OS droits. De plus, la valeur du sol et la somme des profits agricoles augmentent auprès des autres manufacturiers, et tout ce qui tend à diminuer le nombre de manufactures et la rémunération des artisans tend par là à décourager l'agriculture. La poli tiq uc du sinistre Méline se retournera donc contre s0s protégés. Kon seulement le système prohibitif nuira au commerce général, Mtourncra le mouvement d'importation de nos ports, achèvera de détruire notre marine marchar~de qui ne trouvera plus dans les ports de l'étranger un fret d0 retour suffisamment rémunérateur', mais il nuira encore plus à l'agriculture, qui no doit précisément son maigre développement qu'à la liberté dont elle a joui depuis 'l'nrgot et la Révolution. Ce n'rst pas ù dire qu'il n'y aurail rien à faire en faveur du cultivateur qui réclame des droits. Il y aurait à dissiper l'erreur dont il est victime, au lieu d'obscurcir davantage son avaricieuse ignorauco. Un s0ul exemple: la culture de la pomme de terre est une science toute française dont Boussingault a été l'initiateur, dont J\,IM. Grandean et Aimé Girard sont, avec démonstration:-; à l'appui, los infatigables prophètes. Et, ù consulter la statistiqne des moyennes de rendement de pommes de terre par hectare, nous sommes l'un des peuples les plus arriérés de l'Europe. La protection n'est pas faite pour réagir contre l'entêtement rural. Au contraire, nos routiniers paysans persisteront plus quejamais à répondre stupidement: « Si nous produisons plus, les prix baisseront l cc Voilà du moins une réplique topique; elle e\.hale toute l'essence de la protection. Ah l it rirait bien le bonhomme des champ::,, auquel on apprendrait que M. Méline a réclamé la protection en sa faveur sous prétexte de l'encourager à produire davantage. Pour lui, protection signifie uniment expulsion de la concurrence et 0ncou1·agemont à vendre cher quand même. Il faudrait pourtant qne cela finisse et qu'un champ puisse être exproprié, au profit du domaine communal, pour cause d0 nonrriturc publique. En ensemençant mieux, en utilisant mieux leurs engrais, en se servant mieux de lonrs attclagEs, en rr.ettant en œune la culture intensive, en donnant plus de souplPsse à la production,
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