RÉACTION ET PROTECTION · 139 reste génée, pour que nous sentions ainsi un double préjudice qui pourra devenir une occasion de chomages, une machine de guerre et de grèves. Si notre production suffisait à notre consommation, si notre consommatiou absorbait nos produits, la question, en dehors du point de vue humanitaire, serait probablement vite résolue. Mais la France dont la terre et le peuple sont si sociables, qui est si naturellement libre-échangiste, qui n'a ni or, ni cuivre, ni argent, à peine du fer, pas assez de céréales, a besoin du monde entier comme le monde a besoin d'elle . .. .. .. Il ne faut donc pas arr~ter les exportations, soit par la coûteuse, parfois impossible obligation de se procurer en France les éléments de fabrication nécessaires, soit par les représailles de l'étranger. Au surplus c'est encore un leurre que de prétendre établir un bénéfice minimum pour les industriels et les propriétaires, car la hausse générale des prix, l'amoindrissement du pouvoir d'achat de la population urbaine, amèneront inévitablement la diminuLion de la consommation, partant la diminution de la production qui suivra nécessairement. Cette dernière cherchera à se rattraper en dimin uan t son prix de revient, et, comme lP, patron a btaucoup plus d'action sur la main-d'œuvre que sur les autres éléments du coùt de prodnction, notamment sur le prix des matières premières, ce seront finalement les salaires qui seront réduits. Mais admettons que la plùs grande partie du bénéfice du fabricant, provenant de l'augmentation de ses produits, ne sera pas absorbée par la surélévation des prix de tous les produits que lui-même sera obligé d'acheter. Admettons qu'il gagnera momentanément davantage à cause même de l'exagération des prix'? En quoi cela nous ii;itéresse-t-il que la vie matérielle continue à être largement assurée aux riches, tandis que les autres auront en partage la misère, la faim et ses terribles conséquences? ' ' Les consommateurs français. dont au moins vingt-cinq millions n'ont pas le plus minime intérêt au relèvement des droits de douane, sont attaqués dans leur:; moyens d'existence par cette nouvelle méthode tarifée de pratiquer l'égalité à rebours, sont livrés pieds et poings liés à une poignée de gens qui veulent faire de rapides et énom1es fortunes comme en Amérique.- Les producteurs de betteraves n'ayant pas assez de la prime de 43 millions annuellement donnée à l'agriculture, tout a passé sous la férule de la féroce Commission des Douanes. Inutile
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