La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

REVUE DES tIVIlES 119 REVUED·ES.LIVRES De la Propriété et de ses formes primitives, par :rvI.E. de LA VELEYE, (4° édition) Paris, Félix Alcan, éditeur. Prix : 10 francs. M. de Lal'eleye n'est pas un ·socialiste collecti\'iste, bien loin de là ; il appartient à cette école de socialistes qu'on nomme en Allemagne J(athcde1· socialisten, socialistes de la chaire. Il est de ceux qui admettent comme légitime et nécessaire l'intervention de l'Etat en matière économique, et qui se bornent à reclamer des réformes profondes en me d'éviter au monde les horreu1·s des révolutions. Il est démocrate, à la manière de nos pères de 1848, grand admirateur du christianisme et de ses prétendus bienfaits. Ses livres sont remplis de pages éloquentes et d'un souffle tout él'angélique. Les idées d'égalité, de fraternité nous sont inspirées selon lui par l'esprit ~hrétien. Abstraction faite de ses louanges fort contestables, à l'adresse du christianisme, M. de Laveleye reste un écrivain de bonne foi, d'une grande clairvoyance, d'une science consommée. Il est membre des Académies royales de Belgique, de Madrid et de Lisbonne, correspondant de l'Institut de France, etc ... Ce qui ne l'empêche pas d'avoir sur la propriété des vues très neuyes, je dirai même rholutionnaires, en comparaison de celles qu'on trouve généralement clans les •ouvrages de savants officiels comme lui. Son livre De la Propriété, dont la quatrième édition considérablement augmentée vient de paraitre, a donné lieu aux discussions les plus chaudes, et à des critiques de fort méchante humeur de la part des économistes orthodoxes. C'est que M. de Laveleye ne considère pas la propriété telle qu'elle existe comme une chose sacro-sainte, ayant existé de tout temps comme elle est, et ne pou rant subir aucune atteinte. Pour lui, elle n'est pas une chose fixe, mais une institution multiforme, qui a subi de grandes modifications clans Je passé et qui est susceptible d'en subir de nouvelles a,yec grand avantage. En étudiant les formes primitives de la propriété, il arrive à cette conviction que parto_ut d'abord elle a é.técollective. Puis il nous montre, comment, par nue érnlution lente partout identique, la propriété foncière est devenue, par des transfor-

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