La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

102 tA. REVUE SOCI.\tIST~ les fossés, à supprimer les obstacles qui séparent encore les classes, ù niveler, en un mot, le terrain sur lequel doit s'élever le nouvel {,difice social. Voilà une bonne œuvre à laquelle sont conviés tous les Républicains et que ne comprennent ni les phraséologues du gouvernement, ni les suffisamment satisfaits du Parlement, lequel, comme l'enfer, est pavé de bonnes intentions. Au lendemain de Fourmies la Chambre avait décidé de consacrer ses mercredis à l'examen des lois ouvrières, et ù, peu près rien n·a été fait. - On a clarifié, ù, l'usage de l'administration et des tribunaux, le texte de la loi sur les syndicats, de manière à ne plus permettre aucun ergotage partial. On a décidé d'appliquer le décret-loi des 9, 1-1 septembre 18t8 aux employés des entreprises de transport eH commun. On a rappelé le gouvernement ù une interprétation moins judaïque de la loi sur les délégués mineurs. Puis le projet snr la sécurité des travailleurs a été renvoyé à l'étude. Et M. Camille Raspail, appuyé par 1Iesureur et Millerand, avait sollicité la discussion de sa proposition de création d'un ministère du traYail: renvoyé et la commission du travail, qui aura peut-être bien fini se::; opérations de dosage des réformes à faire, à l'expiration ·au mandat de la Chambre. Au surplus que peuYent nous faire les lois votées par la Chambre? Quand elles ont un semblant de virilité, le Sénat les chùtrn. Ou s'il les Yote, ·c·est qu'elles manquent <l0 sanction. Exemple: la loi organique sur les syndicats professionnels, qui 11rennent actuellement une si heureuse cxfension ... Chaque jour l'on s'aperceYait que les patrons s·en moquaient comme d'une guigne, et qu'ils tnaient dans l'œnf la plupart des syndicats, en renvoyant ou en intimidant les ouvriers coupables d'engager leurs camarades ù, se syndiquer. - M. Bovier Lapierre, avec une honorable persévérance qui méritait un rneill<'lll' sort, réussit ê't .faire adopter par la Chambre mie loi complémentaire fixant lPs très-légères sanctions pc'nalE's dont seraient pas;-;iblcs les patrons, qui porteraient atteinte ù la liberté <l'association par des renvois ou des menaces injustifiés. - Halte-là l crient nos pères conscrits, ofüciellemcnt combattus par tel ministèr<.>,officieusement encouragés ù la résistance par tel autre, - assez de protection pour les ouvrier~; ils nous agacent à la fin anc leurs éternelles réclamations. Si nons protégions un peu les patrons contre cet horripilant mouvement syndical. - On n'est pas plus orfhre ..... Sus an Sénat! Yin la révision !

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