MOU\'E~ŒNT SOCI.\L EN FRANCE ET A L'J'.;TRANGER 90 Les Républicains opportunistes !eut· ont app1·is la manœuvrc, et ils l'appliquent. . Ils empruntent à Garn betta - cc /ln Génois qui ne croyait pas à la question sociale ! - ses procédés et sa stratëgie. « Sérier les questions » - « aller doucement pour obtenir tout plus sùrement » - appeler les nouvelles couches sociales a s'approprier la Banque de France au moment opportun, - c'est bien là l'ensemble des fameux« moyens détournés », si vivement recommandés par le Génois aux Révolutionnaires franc-ais imbus des idées d'émeutes des<< Yieilles barbes». ÎI n'est pas jusqu'h la formule lancée au maréchal de J\Iac-:Mahon, que les Socialistes n'emprnntent au /lis de l'épicier italien de Cahors. Ce n'est pas à un gouvernement comme celui du maréchal, défendant les derniers lambeaux d'une société conservatrice et chrétienne, que le dilemme est posé cette fois : - c'est au « bourgeois ll, c'est au capitaliste, c'est à l'épargncur. « Car, vous le savez bien, vous ou vos successeurs bourgeois, vous (ini1·ez <c pal' vous sownetti·e oit pcir vous cl,Jmetli'c. >) C'est l\I. Vtibcr qui trace ces mots dans le dernier numéro de la Revue Socialiste. Yoici•le passage entier: « Cependant, le tl·avail n'etant pas le but, mais le moyen, le véritable <c but restant la plus coui·te jouniie avec le z1lus haut salaii'e, il est cel'- ,, tain qite l'on ne s'ai'l'étera pas à la jow•née cle lrnit heui·es, et que 2Jl'O- « gi·essivement la société se 1·approche1·a de l'organisation scientifique « de la production et cle l'abolition dit salariat. « Mais tenons-nous-en à la formule si simple et si claire des Trois-Huit, « qui a rallié autour d'elle les trois millions de se,•(:, de la plèbe mode1·ne. n On connaît les objec:tions courantes de nos dirigeants: concurrence étran- « gëre, atteiute portêe à la puissance économique de la F'rancc, traités de <, commerce, etc ... li faudrait pour la solution des questions ouvriéres, ·une « législation internationale, une entente i,npossible ent;·e les cliffél'entes « nations ... a: Voilà précisément pourquoi l'entente int.ernationale, lu vi·ession inte1·na- " tionale des travailleurs s'affirme le l•' mai. « Les intéressés vons donnent l'exemple de l'union et de l'entente. Votre << ègoïsmP., vos préjugés économiques vous empêchent de suivre le mouvement. « Soit! mais alors, au nom de vos· propres principes, laüisë!z faire, laissez « passe!' l'agitation en faveur de la légalité de demain: car, vous Je savez « bien, vous ou vos successeurs bourgeois v,1us finire~ pai· vous soumettre u ou par vous demettre. » Les Républicains comprennent bien que ces t·e1·endications, qui portent sur le fond même de l'état social qu'il s'agit de changer de fond en comble, menacent la forme de gouvernement chél'e aux Radicaux comme aux Opportuniste3. Il ne peuvent se faire illusion sur ce point. Les Socialistes supprimeront aussi bien la République-Carnot que la République-Clémenceau, que la République-Floquet. Ces Républiques-là pèsent moins, à leurs yeux, que la Monarchie de Guillaume. Voilà pourquoi M. Jules Ferry, qui n'admet pas qu'il y ait d'autres « desfructions nécessail'es » que celles qu'il a opérées pour escalader Je pouvoir, se montre ausst effaré que M. Magnard, que la Justice, que le Radical. Ce n"est pas parce que la République est le tremplin des Socialistes de
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