02 LA HEVliE SOCIALISTE N'oubliez pas que l'argent que l'Etat <lonne aux uns il le p1·en<laux autres, aux conlrihuahles. C'est au muycn des impôts clc consommation, r1ui prennent une part du salaire du traYaillcur, ou au moyen <les imp,,ts sur la terre, qui pèsent sur l'agriculteur, ou ,le ces autres impôts qui puisent dans toutes les poches, que vous mus proeurcrcz les ressources nécessaires pour continuer de donner un taux d'intérêt ,-,orbitant dont vous pourriez Yous affranchir, d'après le droit commun. Le droit ,k propriété <lucontribuable à l'argent que vous lui prendrez ainsi est aussi rc,pcclable que celui du rentier. Voilà heureusement formulée la véritable et saine théorie démocratique. En effet, comme le dégrèvement des impôts, l'amoindrissement de la dette, même de la dette consolidée, par une série de conversion-.;, est le premier intérêt et le premier devoir, au risque de mécontenter la classe des rentiers appelée d'ailleurs à disparaitre tôt ou tare!. Dans les pays démocratiques, il y a plus à perdre en popularite, à raison de l'injustice commise du côte des contribuables, qu'il n'y a à gagner du côté des rentiers. Ajoutons que la conversion est en même temps qu'une bonne affaire un devoir de justice. Le dégrèvement profitant à tous, l'on ne voit pas pourquoi des charges publiques qui peuvent être réduites seraient maintenues clans l'intérêt d'une minorité. L'épargne qui suit la voie si simple et si sûre du placement en fonds publics ne rend pas un service social qui ait une valeur constante. Le rentier vit sur une œuvre passée; il doit subir les effets de la loi commune qui aYilit sans cesse les capitaux. Maintenir le taux primitif des arrérages ce serait grever la production, l'activité industrielle du présent, au profit de beaucoup de rentiers qui pourraient peut-être se procurer des revenus pa1·un travail actif. En un mot, conve1'tir et dégreYer ce serait faire agir simultanément deux forces convergentes propres à stimuler la production nationale et à améliorer le sort des classes laborieuses, œuvre à la fois d'intérêt bien entendu et de justice. Le budget de 18!)l n'est pas un budget de réformes, car l'on ne peut compter pour telles l'incorporation à l'ordinaire du budget extraordinaire de la guerre et la bénigne surélévation de 3 à 't 0/0 de l'impôt sur les valeurs mobilières; et, quoi qu'en pense l\I. Camille Dreyfus, \I. Rouvier n'a pas voulu laisser ainsi la porte ouverte à l'impôt sur le revenu. ous avons devant nous un nouveau budget d'expédients dans lequel tout le talent de M. Pelletan n'est pas parvenu à amorcer la moindre réforme. Oh! Il a obtenu des promesses; M. Rouvier a mouillé ses répliques de quelques gouttes d'eau bénite de com· opportuniste. Mais quand il a voulu exiger autre chose que des promesses va-
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