RE\'UE DES LIVRES 7ü3 Et qu'on ne se récl'ie pas à cette esquisse rapide d'après le tableau plus sombl'e, que 1\1. Chèze a tracé de l'instruction primaire. Surtout qu'on n'ait pas l'hypocrisie de vouloir qu'on la cache. Tout cela est vrai, trop nai, et le dernir des socialistes est tout indiqué. C'est d'abord par l'éducation que doit commencer leur tentatire réformatrice. L'a\'enil', le sort des générations futures est à cc prix. Lirette, roman; Georges BEAU~IE, 1 rnlumc, chez Dentu. Georges Beaume est des nôires. Il fit partie de notre groupement de l'art social. Dans deux œunPs, une robuste étude de rustiques. Cyniques et Sous la Robe, non moins dgoureuse étude de mœurs cléricales, il a déjà pl'ou1·é son talent ril'ilement énergique. Lirctte, son troisième Jivl'e est une œune moins caractérisée. Il a dù être écrit cc roman, a,·ant ceux que nous \'cnons de citer, car encore qu'il soit intéressant et de bcllP.poussée, la forme en est hésitante, la pensée incertaine, et l'on y sent l'inquiétude d"un esp,·it en quête d'une orientation. C'est l'histoire fort simple d'un mariage de petite bourgeoisie, dont le bonheur est sacrifié à l'un de ces trop fréquents orgueils que certaines femmes prennent pour un profond amour matemel. De bonnes pages dcscriptires érnqucnt les radieux paysages de !'Hérault, les marines méditerranéennes, Cette. - De brares gens sont curieusement silhouettés arec de curieuses tendresses d'artiste, amoureux des simplicités courageuses du populaire. L'Imprévu. Gustarc GUICHEST; rene et Stock, éditeurs. L'auteur de cc roman a un talent des plus personnels, et s'est déjà signalé à l'attention cllt public artiste par deux remarquables œunes. 1 'Ennemi et {;<J/estPe ruclho>11at. Dans l'lmp,·éi;u. Gusta,·e Guiches a étudié un égoïsme masculin qui est assez commun à notre époque, et qui pourrait bien, d'ailleurs, l'arnir été de tous les temps. - L'égoïsme qu'on peut remarquer chez beaucoup d'artistes et qui leur fait sacrifier tout sentiment à la satisfaction d'un seul, le désir de parrenir. Léon Dussol est adoré par l'aimable et douce Adeline; il en fait sa 1·ictime. Vis-à-vis d'elle. il en a,·rirn même à de réroltantes grossièretés, Lassée, enfin, elle le quitte, se fait épouser par un ami de son amant le baron Loysel. Et alors, Dussol découvre en lui, un sentiment d'amour très accentué pour la femme qu'autrefois il a martyrisée. Fort ironiquement Gustare Guiches nous trace ce récit, qui malgré son allure intimiste a toutefois son importance sociale. l'i'est-ce pas à l'éducation sotte et niaise, qu'on donne aux jeunes hommes, que l'on doit attribuer l'éclosion de si féroces égolsmes et de si mesquines ambitions? Gustare Guiches donne un assez beau rôle à Adeline pour qu'il nous soit permis de la supposer au-dessus de ces calculs de boutiquier. Son personnage de l'américaine l\lary est fort original. Pour toutes ces raisons son livre
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