l"XE CO'.'i"F~:REXCE SOCI.\LISTE î3ï lendemain de la répression de la Commune. que le socialisme n'était pas même une opi11io11, mais une simple 111a/11dic passagère. Singulière et terrible maladie que cette épidémie, contre laquelle viennent se briser tous les efforts des médecins homéopathes ou allopathes; affection dont les malades, loin de vouloir guérir, désirent au contraire l'extension de son intensité, y placent leurs plus chères espérances et y ,·oient leur salut. Parmi les écrivains prud'hommesques qui ont traité du socialisme, celui qui porta le jugement le plus défavorable, fut \'ers le milieu de ce siècle. Louis Reybaud qui, en 1853, dans le Dictiomraired'éco110111ie politique, osa affirmer que le socialisme était mort. C'était après le coup d'Etat du 2 Décembre, alors que Napoléon Ill s'efforçait d'oublier les idùs 1111poléo111,·1111es, qu'il avait écrites au fort de Ham. En dépit des conseils amicaux de Proudhon, Reybaud, critique quelquefois honnête mais toujours superficiel et foncièrement optimiste. pOU\'ait peut-être, à cette époque, se permettre de prononcer l'oraison funèbre du socialisme; mais, aujourd'hui, la bonne foi oblige à reconnaitre que le mort est plus vi,•ant que jamais. Et ceci devait être. Pour que le Socialisme fût mort, deux conditions étaient indispensables: ou que les misères et les souffrances humaines eussent pris fin ; ou que, dans le cœur de ceux qui souffraient, fut entrée profondément l'espérance de voir la fin,ou au moins l'atténuation de leurs soufTranc~s; et. par dessus tout, il eût fallu qu'ils eussent le sentiment intime de devoir et de pouvoir tenter d'en sortir. Ce qui se dégage de plus vrai dans la société, ce sont des raisons tout opposées à celles qui pourraient rendre possible ou supposable la mort du socialisme; et, aujourd'hui, à l'instar des anciens légitimistes qui criaient : ,, le roi est mort, i•it-e h· roi!,,, les socialistes peuvent triomphalement pousser ce cri : .. /die écolesocialisteest 111orte,i·,ve le socialis111e ! » Il. Ici Colajanni pose cette question: ., Que doit-on entendre par socialisme, et qui sont les socialistes? ,, li note, avant tout, la grande difficulté qu'il y a, à donner une définition exacte, en raison de la complexité et de la variabilité des faits et des idées qui composent la question sociale; puis. il passe à la réfutation des définitions évidemment inexactes, données par Roescher, Wagner, Reybaud, Cusumano et autres. Ensuite, il réunit en les modifiant, plusieurs :iutres définitions, telles que celles de Rac et de Limousin, et dit que par socialisme, on doit en-
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