La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

i3.2 L.\ HE\ UE SOCIALISTE LESDESSOUDSUNOTARIAT INTRODUCTIO?\ j'adresse les pages qui vont suivre, moins aux personnes versées dans la science du droit, qu'au grand public: ma pensée est de faire œuvre modeste de vulgarisation, sur un sujet que le public connaît imparfaitement; malgré le fonds d'aridité de ce sujet, je tâcherai de le rendre aussi simple, clair et intéressant, qu'il me sera possible. Depuis de nombreuses années, le Notariat donne un spectacle affligeant; on ne compte plus les notaires en fuite ou en comparution en cour d'assises; ceux-ci sont les audacieux, risquant le tout pour le tout, afin d'arriver d'emblée à la fortune; et, pour cela, ne craignant pas d'affronter le code pénal ; c'est une catégorie que seule la justice peut atteindre. Mais combien d'autres restent dans la legalité, et n'en sont pas plus honnêtes; il est regrettable qu ïfs ne puissent pas être frappés dans leurs agissements que je ferai connaître, quand je traiterai des profils i !licites. L'ancien ministre Thévenet, frappé des nombreux abus de confiance des notaires, a cherché it y porter un remède, et il a prescrit une comptabilité spéciale it leur usage : il a fait paraître un décret il cet effet ; mais il n'y a ou_bliéqu'une seule chose : la sa11ctio11. Qµe le public ne s'abuse pas: cette mesure ne donnera aucun résultat appréciable, et les abus de confiance continueront comme par le passé. Ce ministre a cru 11 la vertu magique des mots décret, règlement: c'est une maladie de la classe gouvernante. On ne change pas les mœurs d'une nation ni d'une corporation 11 coups de décrets. Bien au contraire, le grand nombre de lois et de décrets, ainsi que la légion de fonctionnaires sont un indice de la

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