La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

îOli L.\ HEYUE SOC!.\ LISTE manliq1u's /ll'airnt domestiqué la musr Yagabondr, qu'ils lui arnirn t enseigné l'art de «jouerdr l'encensoir, d'épanouir la rate d11 \'li lgaire, rour gagner le pain de chaq uc soir» (l),et si on leur àrnit montré le chef de l'école romantique rrcevant à vingt ans trois mille francs de pension pour des vers« somnifères» (2) les ·parents jugeant que la poésie rapportait davantage que l'élèvr des lapins ou la trnuc des lin-es, auraient encouragé, au liru ùc rL•primrr, les velléités poëtiques de leur progéniture. La Bourgeoisie industrielle et commerciale n'aurait paR attendu sa mort pour ranger Yictor Hugo, parmi les plus grands hommes dr son histoire, Rirllc avait connu les sacrific<'Shéroiq ues qu'il s'imposa et les tortures me11lalesqu'il supporta pour acquérir ces deux pensions. !IL !lladamc Hugo n'aimait pas l\"apoléon, rllc choisissait pour amis ses rnnemis; après la défaite de W:1tcrloo afin de fouler aux pieds la couleur de l'Empire, elle se chaussa de bottines vertrs, ce simple fait caracterisc la nature violente de ses sentiments (3). L'oncle et le père de Hugo nourrissaient de nombreux griefs contre l'c:mpercu1·, qui refusa de confirmer cc dernier dans son grade de gL•néral. conféré par Joseph. Lahori0, qui pendant sa réclusion de 18 mois aux Feuillantines, apprenait au jeune \ïctor à~ lire Tacite», ne devait pas nonplus, lui inculquer l'amonrdc Bonaparte, contre lequel il conspirait. Hugo deYait donc épouser la haine de sa mère pour l\"apoléon, que partageaient son mari et ses amis, en rnème temps qu'il endossait ses opinions royalistes. ~rais il fut réfractaire à toute influence, personne ne put lui imposer ses sentiments, ni père, ni mère, ni oncle. ni amis: 1'1'apoJéon et sou extraordinaire fortune emplissaient sa tête; « son image sans cesse ébranlait sa pensée ". Tous les hommes de sa génération su bire11 t cette action trou blau te. Il faut lire Rouge (1) BAUDRLAmE. Les (leurs du Mal. Jlénédiction. Là Muse Vénale. (2) Cette imp~rtinente épithëte est de Sthend,,hl, qui pas plus que Baudelaire n'entendait rien au commerce des lettres. <' L'Edinbu,·gh Revieio, écritil, s'egt complètement trompe en faisant de Lamartine le poëte du parti ult,·<t ... le véritable poëte du parti. c'est M. Hugo. Ce M. Hugo a un falent dans le genre de celui de Young, l"auteur des Sighl Thoughts, il est toujours exagéré à froid ... L"on ne peut nier au surplus, qu'il sache bien f.iire des vers français, malheureusement il est somnifére ». Correspondance inédite de Stendahl, Vol. J. 22. (3) Victo,· Hugo ,·ac. Yol. I, 252.

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