LES COOPÉRATIONS OUVRIÈRES V LES SOCIÉTÉS DE PRÉVOYANCE ET L1ASSURANCE POUR TOUS Envisagée dans ses principales formes : consommation, c,·édit, production et participation, la coopération, dont nous ne contestons nullement l'action bienfaisante, se monlre incapable de substituer pacifiquement l'association au salariat. Pourrait-elle au moins assurer l'avenir des travailleurs par les coopératives de préuouance9 Si nous en jugeons par les résultats obtenus en France, nous devrons conclure par la négative. Voici, par exemple, les Sociétés de secours mutuels, elles constituent, à côté de leur très réelle utilité pour leur million de participants (1), la plus puissante organisation de pré,·oya11ce libre. A quoi est-elle arrivée? En 1877, elle distribuait à 2i,6G3 pensionnaires une pension annuelle de 73 francs. C'est peu engageant, et les résultats des coopératirns de prévoyance ne peuvent guère être plus brillants, n'en déplaise aux 125,000 membres des 6 'Osections des Pi·éuoumtts de l'Aveni,·, aux possesseurs collectifs des huit millions de la Fow·mi, aux milliers de participants des 230 sociétés françaises de prévoyance ou de secours à la vieillesse, comme aussi à l'auteur d'un projet populaire de Caisse internationale de refraites, l\I. Léon Man1,art, qui a bien voulu m'interpeller à ce sujet (2). Il y a des miracles que l'initiative individuelle ne peut pas faire. Ce que n'ont pu les assurances populaires, les assurances capitalistes le peuvent encore moins. Les 16 Compagnies existantes de ce genre sont arrivées, chiffre de 1880, à 45,156 contrats aux titulaires (1)Actuellement, il y a deux sortes de sociétés de secours mutuels : les sociétés approuvées qui ont une personnalité civile capable d'acquérir et de posséder et qui reçoivent une subvention de l'État, et les sociétés simplement autorisées qui vivent à leur gré, de leurs propres ressources. Les premières sont au nombre de 4,800 et comptent 790,000 membres. Les autres s'élèvent à 2,000, avec un personnel de 295,000membres. li n'y a donc encore dans notre pays que 6,800 sociétés de secours mutuels. C'est peu pour une population aussi nombreuse que celle de la France, d'autant plus qu'il faut considérer que ces as5ociations de bienfaisance reçoivent tout le. monde, y compris les femmes et les enfants, et cela. moyennant une cotisation très modique. (2)L. MANSART dans la Ga::ette des Assurances du 5 novembre 1890. 5
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