ûOü L.\ HF.YGE SOCI.\LISTE Cependant, il restait un coin libre. Une salle, assez vaste pour faire un théâtre, était possédée par un homme indépendant. Ce malheureux eut. un jour, l'audace de prêter sa salle pour une conférence socialiste de ma vaillante amie Paule Mink. Le châtiment ne se fit pas attendre. Schneider sacrifia immédiatement un million pour la construction d'un nouveau théâtre où les artistes de passage ont l'ordre de venir jouer. Ainsi, pour avoir loué son immeuble à des ouvriers, un propriétaire a été ruiné du jour au lendemain. On pourrait citer par centaines des faits de ce genre. C'est pour permettre de tels excès de pouvoir que 15,000 ouvriers se tuent de travai 1et meurent à la peine pour le scandaleux enrichissement d'un seigneur financier, qui, outre son fief si important du Creusot, s'est successivement approprié ces dernières années: Les mines Mazenay-Montchanin ; Les mines de Longpendu ; Les mines de la Machine (Nièvre) ; Les mines de Montaud (Loire) ; Les mines de Laissez (Doubs); Les mines d'Allevard (Isère); Les mines de St-Georges (Savoie) : Les mines de St-Florent (Cher); Les mines de Brassac (Puy-de-Dôme ; Et enfin quote-part aux mines de Baubrun dans la Loire, une verrerie de bouteilles dans la Nièvre, et une fabrique de produits réfractaires à Perreuil (Saône-et-Loire). Ajoutons que dans ce moment M. Schneider installe pour son propre compte un atelier de grosses forges dans le département des Ardennes. • « JI est à noter, ajoute Dumay, qu'aucun ouvrier sortant de ces différents pays par suite de difficultés avec les chefs n'est réoccupé dans les possessions de ladite compagnie, heureux encore quand il n'y a pas connivence avec les autres compagnies pour se signaler mutuellement les ouvriers dits dangereux. « Si les choses continuaient leur cours, il en résulterait que dans vingt ans la masse des travailleurs français se trouveraient sous la dépendance absolue d'une vingtaine de compagnies.» Telle est en effet la tendance économique de la société moderne; tel est l'aboutissant fatal de la société capitaliste; tout foyer de travail tend à devenir un monopole, tous les monopoleurs tendent à se coaliser légionalement, nationalement et internationalement, c'est-à-dire à se former en syndicats d'accaparement pour rançonner le public et totalement asservir les travailleurs.
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