LES 110NOPOLE~ n'lTA'l' 683 En d'autres termes, le part du capital est toujours de supüieur à celle du travail de un dixième.Ce fait a une certaine importance, si l'on se rappelle q1.1'ilrésulte des chiffres précédemment donnés que le capital a di:jà été remboursé près de six fois en 111oi11dS'un demi-siècle. Et cette exploitation dure depuis bientôt un siècle et demi et a pesé sur sept générations de prolétaires. li en est de même, toutes proportions gardées, dans les autres exploitations minières, et si nous ne parlons ici que d'Anzin, c'est que cette compagnie réalise le type le plus complet des entreprises de cette nature ( 1). Misère des misères ! Nous devons ajouter que ce maigre salaire n'est obtenu des ouvriers qu'en retour d'un travail rendu de plus en plus exténuant par l'infâme pratique du 111<1rcbandage si justement qualifié des m·eating si·stm, par les anglais. En effet, la situation économique actuelle étant donnée. le prix de base du marchandage est invariablement fixé par le maximum d'efforts que peut donner le plus robuste et plus habile ouvrier. On en jugera par les détails communiqués au Congrès de Douai, en 1883, par Basly, alors secrétaire-général de la chambre syndicale des mineurs du Nord, c·est-à-dire bien placé pour parler en connaissance de cause. ,, Dans le bassin du Nord, particulièrement à Anzin, les marchés se font pour une distance de 50 mètres. et si le travail devient de plus en plus facile, au fur et à mesure que l'ouvrier avance dans son entreprise, la Compagnie a le droit facultatif d'arrêter ou de résilier le marché. " 1 ° Si, par contre, le travail est plus difficile, - la Compagnie n'intervient pas et l'ou\'rier se détruit en travaillant onze et douze heures par jour ; « 2° Si l'ouvrier renonce, il est forcé de laisser 11negarantie de r 2 fraucs, somme qu'il s'est engagé à laisser d'après le contrat qu'il a signé; « 3° Qµand la Compagnie est pour mettre en adjudication des travaux. les chefs viennent baisser les prix d'au moins dix cent:mes par berline. defaçon à obliger les ouvriers à sefaire entre eux 1111e conrnrrence qui leur est toujours funeste; c'est pourquoi on voit, malheureusement, des ouvriers faibles se laisser aller, par la ruse de ces employés très sou vent plus zélés que les directeurs eux-mèmes, à reprendre les travaux de leurs camarades même en dessous main ; « 4° Dans les travaux souterrains, l'ouvrier ne pouvant connaître et voir les difficultés, telles que renfoncement des terrains, etc., il est complètement impossible de lui fixer un prix. » ( 1). Emmanuel Pignon, dans la Rt11ut Socialiste, 1 886.
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