Ll,;S )(O:-.'OPOLES ü 1ÉT.11' ôiO Bien <les accidents pourraient ètre évités, mais à quoi bon ! On ne les oblige pas plus à payer le sang versé qu·à prendre des mesures en vue d'empêcher cette effusion de sang. ( 1) » Le pouvoir judiciaire va jusqu'à la complicité. Qi.1and un accident survient on suspecte d'abord les victimes; les directeurs, les vrais coupables ne sont jamais inquiétés ; si l'on est obligé de poursuivre quelque chef de tra\·aux par trop compromis, on l'acquitte toujours (2). Aussi les i;alpeurs de dividende en prennent-ils à leur aise. et sans respect pour la vie humaine, ils sont sans pitié pour les victimes de_ leur cupidité assassine. Un fait qui en dira plus que toutes les observations imaginables: « A Bouxhors (houillères de Brassac, dans la Haute-Loire), le 2 février 1883. des piqueurs avaient un sentier excessh·ement dur; pour extraire le charbon, il leur fallait de la poudre ou une augmentation de prix. Le chef mineur leur dit qu'il ne pou\·ait pas les a_ugmenter et que cependant il fallait ce jour-là dix bennes (sept tonnes). » Les piqueurs furent obligés <le faire parler la poudre, afin de pouvoir gagner leur journée. Le grisou fit explosion. celui qui avait mis le feu au coup de mine se brûla. et ses deux camarades, pour ne pas ètre brûlés, sauterent dans un faux puits (appelé re111011/e 1 de dix mètres de profondeur; on les fit monter au jour, on prévint le directeur qui ordonna d'aller atteler un tombereau et de les conduire à la gare d'Arvant pour les envoyer à Brioude. " On mit ces trois malheureuses victimes du travail da'}: le tombereau, sur de /,1 p.1ille, sans autre couverture que leurs effets ; ils faisaient pitié à voir. et leur chair carbonisée tombait en lambeaux. » En passant par la commune de Vergongheon, le maire, plus humain que le directeur, interpella ce dernier, disant que les hommes n'étaient pas des bêtes, et qu'il aurait bien dû leur faire donner les premiers soins et leur procurer des couvertures. Le directeur lui demanda insolemment qui il était et ne permit qu'à grand'peine à une femme de leur donner à boire et de les couvrir. » L'accident avait eu lieu à trois heures el dm1ie, ils arrivèrent à Brioude à dix bmr,·s du soir et ne reçurent les premiers soms que le lendemain. Un en est mort deux jours après; les deux autres, après quatre et six moi~ de maladie, ont repris un petit travail. ,, Le garde-mine a établi un procès-verbal à l'a,·antage de la Compagnie (naturellement), sans noter qu'il n·y avait aurn11e spècede ( 1) E. Fournière : Loco c,t,,to. (2) On vient d'en avoir encore un scandaleux exemple avec racquittcmcnt de~ ingénieur:i du puits de Verpilleux. Leur re~ponsabil1té d::ansl'effroyable accident qui a fait 16; victimes était pourtant si indéniable que le procureur a fait appel .! mmim.1; "-30S SJccès naturellement, la haute B;mque étant maitresse au Prétoire, comme 3u Parlement . ...
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==