62 LA REVUE SOCIALISTE Dans cet établissement la participation, de 1880 à 188/i.,est arrivée aux résultats suivants: Parts de proprié-1(•.;acquises par les trarnilleurs. Intér~ts et bénéfices de ces parts .. . Dépenses des assurances générales .. . Dépenses d'éducation et d'enseignement . Total. ... 1,969,000 fr. 185,000 312,000 100,000 2,566,000 fr. Un ancien rédacteur du Devofr commente ainsi ces chiffres : La part faite au travail a été obtenue sans sacrifier la rémunération du capital. En effet, avant d'accorder aucune part au travail, le capital ùe commandite apporté par ).J. Godin reçoit, lui aussi, son salaire, l'intérct légal de 5 0/~- Depuis la fondation de la sociNé, ~I. Godin a retiré moyennement, après répartition des bénéfice,, un revenu annuel de 6 0/0 des capitaux confiés à l'association du Familistère. sans compter ses appointements de gérant et sa participation aux bénéfices comme trarnilleur. Les intérêts des parts de propriété, les dépenses de la mutualité et de l'enseignement s'élèvent à 517,000 francs. Cette somme, dépensée au Familistère en objets de première nécessité, a procuré du travail à un nombre de bras beaucoup plus considérable que si elle arnit été employée eu placements ou bien en dépenses de luxe, comme cela serai, arrivé dans l'industrie patronale. Celte remarque a une grande importance au point de vue social. Nous avons en France 12,333 fois plus de population que le groupe bénéficiaire des institutions du Familistère; si cha<1uc fraction de la population comptant 3,000 habitants avait joui pendant quatre années d'avantages analogues, il y aurait eu, dans notre pays, un supplément de consommation de produits de première nécessité équivalant à 7,332,000,000.C'était plus quïl ne fallait pour éviter les souffrances présentes et les sombres in<1uiétudes de l'avenir, car les classes laborieuses n'ont jamais songé à la révolte, lorsqu'elles ont eu un travail régulier et rémunérateur. Les institutions du Familistère peuvent être généralisées une à une, lorsque les hommes d'État s'élèveront à la hauteur de notre temps. Elles forment un tout au Familistère parce quo le fondateur a voulu doter cette institution d'un mécanisme complet; il a pris à sa charge les institutions de mutualité et d'enseignement qui devraient incomber à la solidarité sociale. 11 serait facile à l'État ùe se procurer les ressources nécessaires pour établir ces bases de la réforme sociale, l'extinction du paupérisme et de l'ignorance, s'il de,·enait héritier dans toutes les successions, proportionnellement au concours des richesses natw·elles et des services publics dans l'édification de chaque fortune. (S. DEYNAUDd,ans le Deooir du 31 mars 1884.) Paul Boilley, dans une note qu'il a bien voulu nous communiquer, est plus explicite sur le mécanisme administratif du Familistère : Dans une conception comme celle de Godin, il y a à distinguer ce qui a été créé et ce qui a été organisé, l'inoention et l'adaptation intelligente. En analysnnt l'œuvre çn trouve en premier lieu le familistère, puis ensuite les institutions de mutualité et enfin la participation aua, bénéfices.
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