La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

REVUE DES LIVRES REVUEDES LIVRES . . \ signaler, ~hez Savine, une excellente lraùuction d'Aurol'a Lei9h, une maitresse œuue de la poétesse Elisabeth l3arett Browning. Cc linc a été écrit en 18:iG.:Il. Taine, dans ses /'.:otcs sw· l'.ln9letcrrc l'a\'ail déjà signalé en ces termes : « Œune étrange qui est un chef-d'œu\Te • et il la comparait :i l'épopée antique. « ,\utrefois l'épopée roulait sur des fonùations et des destructions de cités, sur ùes combats de dieux, elle roule ici sur des combats ù'idées et de passions, sur des transformations de caractères. » Pour ceux qui liront Aw·o,·a Lci9h, l'cnthousia~me de :Il. Taine s'expliquera. Certes, ce livre ùc ~Jm, Brnwning est d'une rare force, et d'une exli'ême puissance. Les romancières anglaises prolifiques et soporifiques, perdraient leur fâcheux renom, s'ils se trouvaient parmi clics quelques autres femmes de la trempe de· :l!m• Browning. Aurora Lcigh est née des amours ,l'un lord ang-laisct d'une ardente !lorcnline. On imagine la partiC'ulicrc organisation de cette jeune femme, <louée d'une imagination vive et artistique et d'une persévérante ténacité. A la mort de son père, encore fort jeune, Aurora a quitté l'Italie ensoleillée potJL· la brumeuse Angleterre; une tante rigoriste a ache,·é son éducation. C'est l:i qu'elle apprend à connatlrc, à estimer son cousin Romney. Romney Leigh est un homme bon, mais qui, pa,· suite de théories acquises, ne peut comprendre la bonté que sous une forme sèche, anguleuse, d'anglicane philanthropie. Aurora Yoit plus haut, trop haut, car cc n'est pas dans l'amour de l'art seul que se trouve la solution des problcmcs qui la hantent, <·ommc son cousin Romney Leigh. Faute de se comprendre, chacun d'eux, s'en ,·a dans la Yic par un chemin différent. Longtemps plus tard, ces deux esprits faits pour s'unir, instrnits par l'existence, fraternisent enfin. L'œuvrc est sincère. L'intl'iguc n'y est pas seulement un scénario sur lequel le pocte a enl0 ses rêves épiques, c'est l'histoire des luL!es d'une pensée à la recherche de la Yérilé; l'auteur s·est rendu compte des misères sociales, - il trace de la pauvreté londonnicunc, de saisissantes esquisses, et nous dit cc qu'il croit nécessaire, pou,· le triomphe de la justice. Plus de trente ans ont passé, depuis la publication de ce line, l'auteur y apporterait peut-être maintenant quelques modifications, il ne changerait sans doute pas un mot de sa conclusion, où il exprime un si ferme espoir en des temps meilleurs. La Negra. - :Il. F. Tusquets est déjà connu avantageusement outre Pyrénées, par diverses publications littéraires. Il Je sera en France, quand on aura lu la Ne9ra, un roman qu'il vient de publier chez Savine. - L'auteur nous parait indiquer nettement sa philosophie, par cette épigraphe: • On peut vivre sans pèrn ni mcre; - mais peut-on, vivre sans Dieu?» Son livre nous en semble la démonstration voulue. Son héros, Xavier Portal, jeune officier pléin de gaieté et de bravoure, a été élevé par un vieux camarade de son père, Je général

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