LA nEVUE SOCIALISTE aux cris répétés de : « Vive la France ! » Rouanet prononça le discours suivant qui fut reproduit par la plupart des journaux italiens. En voici, plus ou moins bien traduit par nous, le résumé analytique d'après le Secolo : « Modeste soldat de la démocratie sociale française, je rapporte- « rai à mes amis le cordial et chaleureux accueil des démocrates « italiens. « Au nom de mes amis de la Revue Socialiste, du conseil géné- « rai de la Seine et du conseil municipal de Paris, je vous félicite « d'avoir organisé ce congrès des Droits du travail, qui est, comme « l'a très bien dit Benoît l\Ialon, le complément naturel de notre « récent congrès pour la paix et la fraternité des peuples. Ce der- « nier a dissipé en Europe les angoisses créées par les menaces, les « intrigues et les complots fratricides des gouvernements monar- « chiques ..... u Toujours Yous combattez pour une idée de justice et de progrès, « tantôt pour substituer la paix à la guerre, tantôt pour l'égalisation « internationale des conditions industrielles, pour la revendication « d'une législation internationale du travail. « Nombreuses, mais aussi spécieuses que nombreuses, sont les « objections intéressées faites à cette juste réclamation des ouvriers « du monde entier. Ce n'est pas devant des socialistes tels que vous, « qu'il est besoin de les réfuter ... Permettez.moi cependant de rap· a peler l'argument qui a été invoqué par certains patrons anglais « pour ne pas étendre les lois protectrices du travail et de l'hygiène « à l'Inde. Selon eux toute loi abrégeant ou adoucissant la journée « de travail et aboutissant à faire augmenter les salaires, stimule- « rait par là même et accroîtrait la force de production. Aussi ne « convenait-il pas à leur égoïsme que l'on donnât à l'Inde une régie- « mentation du traYail industriel, qui aurait facilité la concurrence « coloniale et même menacé l'industrie de la métropole ... « De nos jours, au contraire, ce sont les ouvriers anglais et amé- << ricains qui tendent une main fraternelle à leurs frères de travail « placés dans des conditions économiques moins heureuses. N'est- « ce pas là un grand exemple, un fait historique des plus impor- « tants. « La vérité est que les·ouvriers de tous les pays abjurent de plus en « plus les jalousies mesquines et funestes de nation à nation. Ils ont « compris qu'ils n'aboutiraient à leur émancipation propre et au « noble développement de l'humanité que par la solidarité uni- « verselle. « Depuis que le mouvement des Huit heures, d'origine anglo- « américaine, et la manifestation du 1••mai, ont été internationalisés c en 188ll par le Congrès de Paris, les peuples qui, par tradition,
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