LUTTES STÉRILES LUTTES STÉRILES Comme la mer, le peuple a ses jours de colère, mais qui n'endiguent pas le flux de la misère, ce flux qui s'est toujours étalé sous le eiel, dont on laisse gronder le courroux éternel, puisqu'on sait que jamais le resssaut de sa lame n'aura d'autres soucis que de subir la rame ou rouler des galets sur les sables du bord. - Le peuple, l'Océan, dans un semblable effort, entraînés par le vent des luttes ou du lar?e, peuvent, parfois, lancer dans une sombre charge leurs vagues it l'assaut des lois ou•du granit où l'avide tyran et l'aigle font leur nid; mais.en ,·ain. - Le soleil, en dissipant les brumes, a bien vite séché le.~colères <l'écume que crache l'ouragan aux crêtes des récifs ; - le peuple rend bientôt ses efforts négatifs, et lui-même sait bien se remettre :i. la chaine en mêlant ses haillons aux couronnes de chêne. Qui viendra réveiller les peuples endormis? Qui saura leur montrer l'état où les a mis leur longue indifférence à vouloir être libres? - Rien ne tressaille en eux et rien n'émeut leurs fibres. Être libre, à quoi bon? - li suffit qu'aux frontons des monuments publics, dans l'éclat des festons, on cisèle les mots d'une vainc devise : la chose n'est plus rien, c'est l'emblème qui grise. - Des générations, sans comprendre, sans voir, passent, l'une après l'autre, en marqüant d'un trait noir leur passage infécond dans la tourmente humaine. La science est stérile et la révolte est vaine quand sans cesse le joug s'appesantit plus lourd, co;;
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