La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

550 LA REVUE SOCIALISTE Les lois sanitai1·cs anglaises contiennent des pénalités distinctes et bien déterminées pour chaque infraction. Le secrétaire du comité local ou l'inspecteur sanitaire font citer les délinquants devant les tribunaux. La Yille de Londres possède une organisation toute spéciale de l'hygiène publique. - Les antiques privilèges de la Cité n'ont point été sacrifiés au besoin d'uniformité géométrique qui est si puissant en France. Xous ne pouvons entrer dans le détail. Il nous suffira de savoir que les résultats obtenus dans cette immense capitale sont encore supérieurs à ceux que l'on admire dans le reste de l'Angleterre. En Ecosse, il existe aussi une administration autonome. Malgré quelques diITércnces dans le mécanisme administratif, les mêmes principes généraux servent de règle puisque les lois d'hygiène votc'.:cspar le Parlement sont exécutoires en Ecosse comme dans tout le reste du pays. Un fait seulement: à Edimbourg la municipalité inspecte les garnis, veille à la propreté des chambres et du linge, et fixe le prix de location, lequel ne peut excéder trente centimes par jour. En Bclyique, un conseil supérieur d'hygiène, siégeant auprès du ministre de l'intérieur, est chargé de donner son avis sur les affaires qui lui sont soumises et de signaler à l'attention du gouvernement les mesures à prendre et les réformes à accomplir dans l'intérèt de la santé publi11ue. L'académie de médecine est également une autorité consultative. Une loi du 12 mars 1818 a créé au chef-lieu de chaque province une commission méclicnleprovinciale. Cette commission, douée d'une sorte d'autonomie, s'occupe librement et spontanément de tout ce qui intére~se l'hyi;iène dans la province. Le président peut prendre des mesures sérieuses en cas d'épidémie, à condition d'en rendre compte immédiatement au préfet et au gouvernement. En plus, toutes les grandes villes ont une commission médicale locale, qui dirige et inspire le pouvoir communal dans ces matières et qui est en correspondance suivie avec la commission provinciale. Cette organisation n'est point mauvaise. Elle ressemble beaucoup à ce qui existe en France, avec cette difîérence profonde qu'en Belgique ces divers pouvoirs ne sont .pas comme chez nous à la merci de l'ignorance ou de la négligeance d'un préfet, mais agissent en toute liberté, donnent les ordres, sont directement informés de tout ce qui les intéresse. La Belgique n'a pas u~ code sanitaire comme l'Angleterre. Les lois générales y sont peu nombreuses. Elle rachète cette infériorité par l'excellence des règlements que les villes importantes ont édictés et appliqués, en vertu d'une vieille loi française de 1790 qui donne

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