La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

M4 LA REVUE SOCIALISTE « Il nous paraît évident qu'une des premières mesures que prendrait la dictature révolutionnaire du prolétariat, ce serait de s'emparer de tous les grands services publics, d'exproprier pour cause d'utilité publique les compagnies des chemins de fer, des mines, des canaux, des paquebots, des grandes usines métallurgiques, et de déclarer tout leur matériel, outillage, machines, bâtiments, terrains, etc., biens de l'État, parties du domaine public. - La bourgeoisie, au siècle passé, n'a pas procédé autrement vis-:i.-vis des biens du clergé et de la noblesse ; elle serait donc mal venue de se plaindre. Au surplus, nous reconnaissons que c'est là un acte de guerre et que les nécessités de la guerre sociale pourraient seules l'excuser; n'avons-nous pas lu, il y a quelques jours à peine, que les délégués officiels des gouvernements européens, réunis en congrès à Bruxelles, venaient de voter une clause par laquelle ils déclarent qu'une armée d'occupation a le dl'oit de s'emparer de tout le matériel des chemins de (er, quoique appal'lencmt ù des compagnies privées, el en génél'ctlde toutes espèces de rnunilions, bien 'qu'appartenant ù des pe,·sonnes privées (1). « Dans l'hypothèse où nous nous plaçons, le personnel de ces grandes entreprises n'ayant pas eu le temps de se constituer en compagnies ouvrières, et les compagnies de capitalistes ne pouvant offrir à la Révolution des garanties suffisantes, il est évident que ces grandes entreprises, ces grands services publics se trouveraient entièrement entre les mains de l'État révolutionr.é. » De la sorte la solution serait bien simplifiée; mais œuvre de guerre par certains côtés elle lèserait la justice. C'est pourquoi nous préférons la voie réformiste du rachat, plus lente il est vrai, mais plus équitable et plus sûre. B. l\IALOX. Cannes, le 18 mars 1891. (La fin au p,·ochain numél'o.) (1) f:toile bel9e du 25 août 1874 (édition du soir/, 4• colonue, dans le compt.o rendu de la sfance du 12 aoûl, d'aprcs le journal la République française.

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