538 LA REVUE SOCIALISTE c) Insuffisance clu service en cas cle guel'i'e. Sur cc point 'nous nous bornerons à rappeler les paroles de M. de Moltke au Reichstag en 1879 : « Une nation qui ne dispose pas de ses voies ferrées n'est pas assurée de son indépendance. » Passons à des critiques d'un autre ordre. Pour quiconque observe les phénomènes économiques il est clair que les tendances de la société moderne aboutissent à ce dilemme: Ou monopolisation de toutes les forces productives, de tout le matériel du travail et de l'échange entre les mains de quelques centaines ou de quelques milliers de milliardaires qui deviendraient les dispensateurs de la vie économique des peuples réduits par ces nouveaux féodaux au servage le plus effroyable et le plus inhumain; Ou socialisation des monopoles créés par la société capitaliste, et organisation rationnelle et équitable de la production et de la répartition des richesses. En d'autres termes, il faudra choisir entre le monopolisme et le socialisme. Le monopolisme se développe sans cesse, ruinant et broyant la classe moyenne, empirant les conditions du tra,·ail; avec les syndicats patronaux il s'achemine à la mise en coupe réglée du travail humain et de la fortune publique, et combien il est adjuvé dans son œuvre meurtrière par la monopolisation privée des chemins de fer! On a calculé que dans le monde entier il y a actuellement plus de 550,000kilomètres de chemins de fer ayant coûté plus de 130millions de francs. Dans ce total l'Europe et l'Amérique entrent chacune pour 21 10,000 kilomètres environ (1). En 1883 les dépenses d'établissement étaient évaluées en chiffres ronds à 107 milliards, ainsi répartis : (1) Yienncnt ensuite !',\sic (notamment l'Inde Anglaise) avec 18,000 kilomè• lrcs, l'.\ustralic avec 10,000 kilomètœs, l'Afrique (Algérie, Tunisie, Égypte, , avec 4,000 kilomctres.
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