48 L\ HEVCE SOCIALISTE On ne se découragea pourtant pas si vitr, t'ar si tenaces sont les illusions qu'elles persistent mème après la leçon cruelle des faits; l'ère des échecs était d<'·jil.pleinement ouverte, c1uc les délégués ouvriers à !'Exposition universelle de•1867 n'<·n chantaient pas moins encore sur le mode majem· la coopération cn,·isagcc comme une panacée sociale : Par les sociétés de produdion, nou, récolkrons nous-mêmes les fruits de notre Ira mil; Par les ~oeiétés de con,ommalion, nous assurerons ;\ nos familles une vie meilleure, en dépt•n,ant moins; Par celle de c1·,'dit, nou, éc-liappcrons aux usu,·icrs (1). Tel le rêve, autre rut la réalité. Il restait peu de chose de ces espérances aux ailes d'or, quand éclatèrent les sombres événements de l'mm,·r te,·,-ible. AuparaYant, il s'était produit un autre fait, peu rncourageant pour ceux qui voient dan<; la coopération un préservatif de révolution. Gràce à l'action de l'/ntl'l'n1tlio11n/r,alors à !-On apogér, et aussi au réveil de lil>ert<\ aux<1uels les orateurs des réunions publiques (notamment Briosne, Paule ~Iink et Lcfran~ais) avaient tant contribué, la plus grande partie des groupements coopératifs (notamment les sociétés de crédit mutuel, les sociétés de consommation 1:t les restaurants coopératifs) devinrent des foyers d'agitation politique et sociale (2). Ce n'est pas après les horreurs <lela répression versaillaise et le massacre de trente-cinq mille ouvriers ou répuulicains socialistes parisiens que la résignation et la confiance pouvaient entrer dans le cœur du prolétariat fran,;ais. jourd"hui professeur <l'économie politique ,i la Faculté de Lau~annc et auteur . de sarnnts traités <tui font <lolui un <les plus distingués représentant,; Je la science économique. (!} Dëlé!Jations ouorières à l'Ea:position de 1867. (Rapport <lela commi~sion présidée par :\1. Dc, inck.) (2) Il en fut ainsi notamment de la .\lm•mite (restaurant coopératif), fundée par Eugène Yarlin, le plu~ habile organisateur de l'Internationale fran,aise; de la so<:iété de résistance des bronziers, qui avait à ~a tète les Camélinat, les Perrachon, les K11n,les de Beaumont, lès La111lrin; de la société <les om riers et ouvrières relieurs, dirigée par Eugéne \ arlio, A. Dclacour, Adolphe Clémence, l'iathalie Lemel, \Vina.ois, etc.; <le l'01u·1·iérc, syndicat féminin de travai11 fondé par Paule 11l ink; de la Hecendication, société des ouvriers et ouvrières de Puteaux (cn!"orc exi~tante et l'une des plus florissantes sociétés françaises de consommaiion). Qu'il me soit permis de noter ici que c'est par la fondation de cette société en l~GG-J&P,à la ,uite·d'une grande ,:::rève dont j'avais assumé la respon~abilité, 11ucj'entrai dans Je socialisme, qui, depuis, est dc,·enu la religion de ma. vie.
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