La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LES COOPÉR,\TIO:SS OUVRIÈRES 40 Sans doute, la terreur régnante contraignit les 10:-,délégués ouvriers français à 1•gxposition internationale de \ïennr ( 18ï3J à ne parler que de coopération pacifique dan-.;leur,, R1111pr>1-lx, r1uiresteront néanmoins un des monuments du prolétariat fran,;ai, 1 . Sans doute encore, les délégué~ des six cent,, syndicat,- réunis au congrès ouvrier de Paris en 1'176 ne sortirent guère de l'orthorloxie coopérati,·e; mais il apparaissait ,·isiblcmcnt c1uetout cela était forcé et transitoire et, en cfTct,dix-huit mois plus tard février lt!ï~ , le congrès ounier de Lyon se prononçait pour la législation intemationalc du travail et entendait san, frémir les propo~itions collectivistes qui devaient triompher, l'année sui,•antc, au congrès tic :\larscillc. Vaincus une première fois, les coopérateurs reprirent vainement l'of'fr>nsivcau cong1·ès du Havre en 1~0. Ccttr foi-,, la rupture fut complète. D'un côté, la majorité des chambres syndicales rt de tous les cercles socialistr, rallies autour du programme collecti,·istc connu sous le nom de Pnigramme minimum, formi!rent le Pul'ti orn•>·ie,· socialiste rél'olulion11Hi,·e (nmçnis, ayant pour principe la lutte de,; classes, l'opposé direct de la coopération, qui est une conciliation. li ne reste en dehors que peu de S) ndicats qui formèrent l'Union S!Jndicale om11·ière ,le F,.ance. Malgré ses scis~ions, le Parti ouvrirr collectivic;te a .gardé l'hégémonie du prolétariat fran,;ais, arrachée depuis 18ï0 aux coopérateurs. On a eu ainsi une nouvelle preuve que cha<rur fois que des ouvriers français s'associent, même dans les ,·oie~ les plus modérées, le socialisme ne tarde pas il être au milieu d'eux. D'autre part, il parut, cette fois, qu'entre coopérateurs et socialistes la brisure était irrémédiable; mai-; les années ont fait leur œune. Dans leurs congrès de Paris (188G),de Tours (lbl:!ï), tic Lyon ( IN>q), les société,, françaises de consommation se sont orientée,; ,·ers une sorte de socialisme; cette évolution, qui a eu pour pendant les adaptations coopératives du parti ouvrier bclgL et les p1·crniPr.;;essais en ce genre (1) Pour être voilée, la nul,• humanitair,• I'! ,,wiali,le n'en subsistait pas moins: • Il ne faudrait pas croire qu'en formant les associations coopératives vous en retirerez de suite tous les avantages qui on découleront plus tard. Non, le commencement sera semé de ronces et d'écueils de toutes sorte, ... lllais travaillons avec ardeur, redoublons de courage, afin •1u·uu jour tout,·, les corporation..• réttnies puissent dire et s'écrier d'un ,·ommun accord: A présent nous pou,·ons vivre et mourir: Vire l'Hcuna,iic<'! (Délégation ouvrière française à !'Exposition universelle de Vienne. Rapport d'ensemble, paroles du citoyen Delhomme, délégué des tailleur:; de pierre.) Vfre l'flw,ianiU ! ce dernier cri de Milliére assassiné par les soldats de l'ordre sur les marches du Panthéon, élait devenu le testament de la Commune; lo ,·appeler, c'était, malgré la terreur thiérislc et l'ordre moral, évoquer la grande vaincue.

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