5!8 LA HE\'UE SOCIALISTE grande vitesse; il reste toujours 55 millions de perte sèche pour l'État à ajouter aux annuités garanties, ce qui fait bien jusqu'à ce jour une charge budgétaire de plus de 1G0millions. A partir de 1892, cette charge écrasante sera accrue de 38 millions provenant de 'la réduction à moitié de l'impôt sur la grnnde vitesse. Nous voilà donc avec une rente de plus de 200 millions à payer aux hommes de Bourse auxquels le honteux parlement de '1881-1885a livré plus de 30,000 kilomètres de voie ferrée. En résumé, a conclu avec sa compétence de praticien, M. Jules Pinaud, les monopoles de nos grandes Compagnies coûtent au pays, en charges publiques et en majoration des prix des transports, cinq cent millions au moins par an. Il ajoute que ces charges ne (eront que s'aggrnvei· et <1u'il importe essentiellement, pour l'existence même du travait français, de débarrasser la France de ces écrasants monopoles dans le plus court délai. On comprendra tout ce que cette constatation a de révoltant, lorsque l'on considérera que le produit net de l'exploitation des six grands réseaux, compte non tenu des frais résultant des sinécures haute-administratives, est de plus de 550 millions par an! II LES NUISANCES DE L1ALIBNA1'ION Pour ne pas dépasser les limites qui nous sont assignées, nous avons dû, en cette rapide excursion, borner nos investigations à la France. Mais les procédés du capitalisme et de l'agiotage sont partout les mêmes, et les conclusions qui découlent des pages précédentes peuvent sans inconvénients être généralisées. Aussi bien les nuisances de l'aliénation aux grandes compagnies, du monopole des chemins de fer sont partout les mêmes; partout elles signifient: oppression et surmenage du personnel, rançonnement du public, dépression du commerce national, insécurité des voyageurs, insuffisance du service en cas de guerre. Examinons de plus près, pour la Frnnce. a) Oppression et sw·menage du personnel. L'opinion piiblique s'est vivement intéressée depuis de longues années, à la triste situation faite par les barons de la haute finance à ceux que Georges Duchêne, le baron de Janzé et Delattre ont si bien nommés les serfs de la voie ferrée_: un projet d'amélioration légale bien insuffisant fut voté par la Chambre en 1881. Il est resté
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