LA f\EVUE SOCIALISTE Jamais, si cc n'est pendant les honteuses curées du second Empire, on n'avait avec cette désinvolture sacrifié l'intérêt public aux rapacités des hommes de Bourse. Le:; conventions consacrèrent : 1<>L'abandon aux grandes compagnies, à titre gratuit, de 1,!)00kilomètres de mies dejà construites, dont quelques-unes d'une importance capitale au point de vue du transit. 2° L'engagement pris par l'i~tat de payer la dépense de construction du toutes les nouvelles lignes concédées, ·soit de G,!)00 kilomètres, dont 1,000 à titre éventuel, plus 1,GlOkilomètres h désigner ultérieurement, sauf une somme fixe de 2:->,000francs par kilomètre à la charge des compagnies, ainsi r1uc la fourniture du matériel roulant et du petit mobilier des gares. 3° Le démembrement du réseau <lel'État. '1°Le cadeau fait à la compagnie de l'Ouest d'une somme <le 80 millions sur 2i0 qu'elle <levait au 31 décembre 1883. • 5° La garantie àccordéc au revenu réservé des compagnies de l'Est, de l'Ouest. d'Orléans et du Midi, en même temps que l'engagement pris en leur fa,·eur <le leur donner, comme minimum de l'annuité de rachat, le chiffre de cc revenu réservé garanti. G0 Le rachat rendu plus difficile. 7° La fusion des deux réseaux, ancien et nouveau, la seule œuvre utile de ces conventions. 8° Enfin l'absence de tout engagement sérieux, de la part des compagnies, concernant la modification des tarifs (1). Tout cela ju~qu'cn H)j't ! On a peine à comprendre, malgré la corruption et la bêtise des parlements bourgeois, qu'il se soit trouvé :2::;udéputés et :2::i0sénateurs • pour doubler et consolider, jusqu'au milieu du siècle prochain, les monopoles absolus de nos six grandes Compagnies, pour livrer à l'arbitraire de la haute banque et de conseils d'administration composés de l'ancienne et de la nouvelle aristocratie, :.J00,000employés et :200,000ouvriers, transformés plus que jamais en sei·fs de ln voie ferrée (~). » Raynal, Rouvicr, Constans et Jules Ferry ont livré à la fois le droit <l'aînesse et le plat de lentilles. D'après cc qu'on est obligé d'avouer, l'i~tat doit payer annuellement plus de 50 millions a;x Compagnies, mais ces chiffres sont mensongers, dit Leroy-Beaulieu, sans le grossier subterfuge dont on se sert et qui consiste à porter au compte de premier établissement <les Compagnies une partie de la garantie d'intérêt, les annuités auraient été augmentées de (1) Il. PE~1>n1i:: ,Yos chemins defrr et lcw·réforme radicale. (2, Jules PINAUD, dans la Recue socialiste (18~6).
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