ÉCHOS DIU~!.\TIQUES son rare mérite, son esprit fin et curieux, bien qu'un peu para- doxal, ne contribue à h..\ter ce résullat. Résultat pré,·u et désiré par tous les savants et par la fine fleur <lrs « inertù•s ,Jislinoufrs », fleur qui se dé\"cloppe aussi bien dans les milieux bo urgeois que sur les sommets aristoerntiques. Au point de vue socialiste, l'œuvre de l\I. Lemaitre a un e certaine valeur. C'est une brillante fantaisie qui met en relief q uelques-unes des plaies honteu9es de notre société: le mMiaue ulnnr, comme les mariages actuels en général, est basé sur <les inlél'êl~ , d'un ordre étrange et spécial à la vérité: soif d'impressions neuves du côté du mari; soif du mariage chet: la jeune fille, qui s'épren d bien ,·ite, pour la vraisemblance, d'un homme âgé et usé. :-.Iaispas son,;, ~I. Lemaitre ne daigne pas expliqt:er la raison des choses; i l compte sur notre YiYe pénétration. A côté <les personnages prin cipaux, une sœur très vivante, pâmée <l'amour pour son vieux beau -frère. (.\ux Français on ne se pâme d'amour pour un homme, que quand il a cinquante ans bien sonnés!) Cette se.cm·conYoite surtout les écus <lecelui qu'elle p rétend aimer. Tout cela est bien observé, bien fin de siècle; ma is si ~Iarthe pouvait choitiir librement un jeune homme, son imagin ation n'enfanterait pas de laides monstmo~ités. Elle est dans le train, cette fille, elle fait comme tout le monde; rite est banale, quoi qu'en pense l\I. de Thiévre=i; banale comme sa mère, qui lui c onseille d'épouser un vieillard riche. Hélas! où en sommes-nous? qu'un pareil marché soit journellement proposé à la jeune fille, par celle qui devrait la protéger, par sa mère! sans que la conscience se réveille, sans que l'indignation publi,rue se soulève et proteste. Où en som- mes-nous? nous qui gardons nos sévérités pour la vie rge qui succombe dans une heure d'amour, et prêtons les mains à la vierge mondaine qui se livre sans amour au premier venu, ric he, avec la complicité de tou les siens. Quant :i. ~I. de Thi6vres, il est banal, lui aussi; il veut pour son m·uent et sans risque (la jeune poitrinaire n'en a pas pour longtemps) se procurer quelques heures exquises: l'amour d'une enfant à l'état de quintessence; la vie du cœur absorbée en une seconde. M. de Thi6vres a lu la Sim.onne de Musset. Il veut cueilli r sans remords, sur les lèvres de la mourante, une fleur suprême d'amour idéal, comme le prêtre infâme buvait l'amour et la vie e n une seule nuit, sur les lèvres de sa victime. Si M. Lemaître a voulu flétrir les mœurs de nos sociétés mo- dernes, il a réussi. Nous l'engageons à continuer, en donnant toutefois à ses personnages une intensité de vie qui leur manque.
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