50i LA HEVUE SOCI.\LISTE monopole à son profit. - Il est évident que les travailleurs dts docks se sont ainsi trouvés divisés. D'autre part, les bourgeois travaillent en dessous par tous les moyens pour briser l'Union. lis ont constitué à côté de l'Union des chargcu,·s une autre l,nion, celle du« Trantil libre», qui fait la guerre aux unionistes, mais qui disparaîtra éviùcmment le jour où elle aura rempli sa mission de dé,;agrégcr le mouvement. Voilà l'œuvre des patrons sachant profiler de la di,·ision ouvrière. Le sweatin[J-S!J,~lem. - . \ côté des ouvriers professionnels, groupés en ll'lldes-unions, végi·tc dans les faubourgs de Londres, la foule immense des c, travailleurs à tout faire» ou « tra\'ailleurs sans profession ,, (unshilled). Ceux-là sont loin de jouir des privilèges accordés à leurs camarades; et leur situation précaire a fait l'objet d'un rapport parlementaire, d'après lequel les griefs des ouvriers sont: l'insuffisance des salai1·cs, l'irrégularité de l'emploi, l'insalubrité des ateliers et la longue durée du trarnil. Ces plaintes ont été reconnues fondées par la commission parlementaire dont les membres ont été unanimes à reconnaitre que le mal n'avait d'autre cause que le système en vigueur de la « suée " (sweating system), lequel est« l'emploi des ouvriers par un intermédiaire auquel les grands magasins confient de l'ouvrage et qui le fait exécuter à bas prix dans des ateliers insalubres en exagérant la durée du travail journalier ». Cc qui ju~tific par-defsus tout les réclamations des intéressés c'est la façon dont les entrepreneurs appliquent le « S\\'eating system ». lis réduisent le salaire au plu~ bas prix, exagèrent le nombre des heures de travail, ne prennent aucun souci de la santé des ouvriers qu'ils font travailler en grand nombre dans des taudis obscurs, où règne une chaleur étou(fante et où l'air ne se renouvelle pas. - Les repas compris dans le marché sont servis à l'atelier et se composent de met~ à bon marché et dont chacun est loin d'avoir à sa suffisance; la boisson est, sous le nom de thé ou de café, une mixture propre à écœurer un chien. Le (oggel', qui est aux comtés ce que le sweater est à Londres, agit de même, de sorte que partout les ouvriers ainsi exploités sont « de pauvres gens d'aspect chétif et misérable, dont la santé est ruinée et dont la vie dépend du premiei· chômage )>. Aussi sir A. \Vhite a-t-il pu dire avec raison que le « sueur » broie la face du pauvre et tire d'un travail quelconque un profit qui ne devrait appartenir qu'à ce travail. Ce système a en outre d'autres conséquences désastreuses : il rend irrégulières les périodes de travail et produit de fréquents chômages. En effet, les patrons ne font plus travailler à l'avance,
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