LE SOCIALIS)IE ET L'ART l'anéantissement de ces vertus latentes qu'à la pau vreté et ~l l'ignorance. Son œuvrc, si elle n'est pas fougueusement c onsacrée comme celle de Cladcl - le robuste et fier chantre de v otre héroïsme, ô superbes manants, dont il est le plus vaillant frère - à la glorification du peuple, a du moins par son universalité, sa sincérité, contribué à répandre, à difTuser l'étude de la question sociale. Dans l'.tlssommofr, Zola avait dépeint terriblement, avec une tristesse et une pitié non dissimulée, les épouvantables résultats de l'alcoolisme. Cc n'était pas une caricature, cc livre, comme on l'a prétendu: c'était une leçon, on la comprendra. L'alcool n'a que trop s ervi les de~seins de ceux qui ont toujours voulu l'abrutissement des hu mbles; ils ont eu, nos ennemis, un auxiliaire trop dévoué en l'ivrogner ie. Dans GPnninal, Zola a retracé les soufTrances de l'ouvrier, il a d'unP extraordinaire manière évoqué aux yeux de tous la géhenne, le féroce bagne oü agonisent les exploités du capital. Dans .tlu Bonlww· <les1Jr1m<'s, comme dans l',fr9ent, il a étudié le rôle de ce même capital dans la société moderne; et si des constatations remarquables qu'il a pu faire il ne déduit pas la conclusion marxist e de son Sigismond Busch, du moins il ne cèle rien des malpropr eté;;, des vices, des crimes que la spéculation engendre, et en cel a il sert admirablement notre cause. L'argent, comme la langue, dans l'apologue g1·ec, e st à la fois la source de ce qu'il y a de meilleur et de pire. L'amour du lucre engendre une activité féconde, permet cl'ohjectiver mille rê,·cs grandioses, faYorise le progrès humain par conséquent; mais c'est aussi ce 1rn'me appétit qui pousse les hommes aux déchéa nces, ,,ux compromissions, à l'infamie. En cette dualité, la part du bien l'emporte peut-êtPe Sm' celle du mal, l'humanité pousse quand mi'me, s'éri ge au-dessus du fumier nécessaire de ruines et de sang que la spéculation a créé. Telle nous semble être la philosophie d u dernier livre de Zola. L'humanité ne peut-elle grandir sans cela , la spéculation est-clic réellement l'humus bienfaisant oit l'humanité puise sa force? Kon, répondrons-nous; mais avant de dire nos rais ons, qu'on nous permette d'analyser l'œuvrc du puissant romancier. L'amour du lucre se trouve on ne peut mirux symbo lisé par Gundermann, le banquier juif, calme, froid, égoïste, qu e gah·anisc seulement la so;( de l'or, qui joue pour le gain certain, pour grossir sa fortune, entasser, thésauriser d'immenses trésors, et par Saccarel, - le mari de Renée et le père de Maxime, - le spéculateur une première fois ruiné, le poète du million, ardent, ch aud, passionné, qui procède par grands coups de folie et que la bataille grise et emballe. C'est autour de ces deux hommes que se déroulen t les épisodes d'une spéculation acharnée, ce sont les deux protag onistes autour ' •
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