La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA DtMORALIS,\TION FINANClltllE 453 vrement des impôts (1) et à l'extinction gradu elle des dettes publiques. En même temps qu'elle améliorerait les conditio ns du crédit commercial, la Bimrzue notionnle pourrait, par l'action énorme qu'elle exercerait sur le marché, refréner l'agiotage ( déjà affaibli par d'autres mesures), prévenir les crises financières , atténuer les crises industrielles, moraliser l'échange et favoriser, quand les intérêts généraux l'exigeraient, certaines industries pro ductives, les améliorations agricoles, viticoles, syl\'icoles en premiè re ligne. Elle pourrait enfin, d'accord avec le jfi11istère dtt t1·a1·ait, aider au créditement d'associations ouvrières de pro duction et favoriser l'établissement de .\fogr1si11sflnél-1111.rnationaux ou communaux. N'en voilà-t-il pas assez pour faire admettre q ue cette première et plus importante des réformes financières il. efTectuer, la nationalisation de la Banque d'État, serait un puissant instrument d'amélioration économique et de transformation socia le. C'est donc en parfaite connaissance de cause q ue tous les groupements socialistes et tous les partis ouvriers d'Europe et d'Amérique l'ont inscrite dans leur programme de r evendications immédiates. C'anneR, le 28 février 181!I. (1 Chirac voit dans ce ser\'ice la principale tà chc de la Banque nationale; le moyen qu'il propose mérite examen. li faudrait, 1fü-il, réformer le systcmc moné taire et créer un billet d'État, auc1uel serait atta1·hée exclusiHment la facul té libératoire au regard de l'impôt; c·csi-t\-dire que l'impôl ne pourrait l'ire payé qu'en hillets d'État, et que l'or et l'ar!(cnt cux•mêmcs no sauraient supplé er, dans les payemenb de l'impôt, l'usage du billet d'État. Chaque anné" d une, l'Etat, le hudgcl ayant Né préalablemenl ,·olé, créerait une •iuantité de h illcts d'Etat, pour un total équivalent au tuLal des recettes du hud!(ct voté. Celle /•mission de billets d'füat comportera.il toutes les coupures, mi•mo celle s d" t fr. 50, dont la statistique donne très aisément la quanti!,· résultant ,l es usage,. L'f·:tat payerait donc toutes ses dépcDses au moyen de ces billt!lS 1 c'e,t l'opposl, du •~·stème actuel : au lieu de demander do l'argent pour payer, l' État payerait d'abord el rece\'J'ait après. ~lais comme aux billets souls c,t atla<'hoe la faculté liboratoire de 1'1mpllt, il suffira <1u·:1la fin de l'année n:1a.t ait , u ren trer toute son émission du com- mencement <lel'année pour être certain <1uclï mpùt a été acquitLé. Oans co systcme, l'argent peut continuer à servir d'appoint et de moyen supplémentaire de circulation pour une foule d'éch anges commerciaux; il en serait de même de l'or, avec une restriction qui en spé cialiserail l'emploi aux échanges extériaurs.

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