t,,14 LA f\EVGE SOCIALISTE frappant cette somme d'un impôt de 3 0/0 net, on obtient donc 2,iù0 millions (1.). Pour frapper sérieusement il faudrait imposer toutes les transactions, cc qui présuppose la transformation en valeurs nominatives de toutes les valeurs au porteur et l'abrogation des lois de 1831 et de l8(i7 permettant l'anonymat des titres et des Sociétés. Les agents de change étant abolis, l'État laisserait aux courtiers '100millions et il lui resterait deux milliards par an (2J. Le jeu serait ainsi gêné mais non supprimé; il ne saurait l'être tant que l'actuel système financier restera en vigueur. C'est avec toute raison que M. de Villèle disait, le 30 avril '182'1, à la Chambre des députés : (l) On a parlé d'imposer le jeu dans les conseils législatifs mais, si timidement! En Allemagne un impût dérisoire fonctionne depuis une dizaine d'années, le produit ne s'élè,·e pas à plus de 15 millions de marks. Le projet déposé en 1887, par notre ami CalYinhac, député de la llaute-Garonne, ne serait gucre plus fructueux s'il était appliqué. En ,·oici l'é<'onomie : • Il y a, à Paris, 60 agents de change, 107 coulissiccs à la rente et 50 coulissiers aux valeurs. La moyenne des transactions quotidiennes, pour chacun de ces courtiers, peut se chiffrer, au minimum : tchange de 60,000 francs de rente 3 0/0, par exemple, et de 50,000 francs de rentes étrangères. • " Un droit de 25 francs frappant l'unité de 3,000 francs de rente 3 0/<l ou de 4,500 francs de rente 4 1/2, et celui de 50 francs sur l'unité de rente étrangère, rapporterait une somme de 138,500francs par jour. En ajoutant le produit réalisé sur les bourses pro, incialcs, on peut, sans crainte, affirmer que le rendement annuel atTi,·crait à dépasser 40 millions. » (2) Auguste Chirac a remar11uablement moti,·é son projet de loi dans une pétition dont je reproduis la partie principale: • En effet, que se passc-t-il quand la spéculation à décom·ert fait monter à 2,500 francs une valeur ayant à l'origine nécessité un simple versement de 500 francs? • Tout uniment ceci: On paye 2,500 francs le droit. d'ôtrc copropriétaire d'un actif qui n'est jamais égal à sa valeur cotée, qui peut être moindre que sa valeur versée, qui peut descendre à zéro, et qui ne saurait aug-menter que par des réserves capitalisées, mais non distribuées et toujours aventurées. • Bien mieux encore: Si le dividende a atteint 50 francs par action, il est 10 0/0 sur le pair à 500 francs, mais il ne devient quo 2 0/0 sur le cours obtenu arbitrairement à 2,500 francs. ÉYidemmcnt cc n'est pas l'attrait du revenu qui sollicite l'acquéreur à 2,500 francs. C'est le jeu, c'est l'espérance de re,·endre à 3,000 francs. « li est donc indifférent à l'agioteur que sa carte ait ou n'ait pas de coupons, cela compte si peu! Seulement, tant que le marché au comptant et le marché à terme no seront pas désolidarisés, tout mouvement de hausse ou de baisse fera varier le titre, môme lorsque pendant ce temps, il sera demeuré sagement enfermé dans une caisse sans qu'il ait été question d'en faire l'objet d'une liHaison effective. • Si, du raisonnement à la hausse, le pétitionnaire passe au raisonnement à
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