La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

438 LA HEYUE SOCIALISTE Je capital national, en le déplaçant, l'accaparant, le monopolisant; en établi~sant dimes et corvées sous une forme quintessenciée, en mettant à rançon tout ce qui produit et consomme. Qu'ils partent! ... La li<1nidalionce sera le rctou1· à l'ordre, une nuit du 1 1 aoùt. Glofrc au trarnil ! Paix ii ceux qui produisent! Union et force entre tous ceux qui échangent. « Voilà la liquidation. « Que si la caste crie encore à la spoliation, au martyre, du moins, on ne dira pas que c'est le juste qui est sacrifié pour le salut du peuple.» Cc n'est pas la Liquidation sociale qui vint, c'est simplement l'effondrement de l'Empire et l'envahissement de la France, l'expiation sans la gràce. Après la défaite, Paris suscita bien une seconde Commune pour fonder la République du travail après aYoir liquidé l'e/Troyable siw.ation léguée par les jouisseurs et les spéculateurs du second Empire; mais la Commune de 1871 vaincue fut noyée dans un massacre mongolique et les manieurs <l'argent purent revenir; ils avaient même une mine nouvelle à exploiter, les 7 milliards d'emprunt de la France rançonnée. La seule maison Rothschild rafla à cette occasion la modeste somme de 4.50millions. En sériant ainsi : 1815, 1830, 1818, 1832, 1870, on peut dire qu'à chaque époque l'agiotage s'est accru en proportion géométrique, on peut continuer la série en considérant l'agiotage nctuel comme le doublement géométrique de l'agiotage du second Empire qui parut l'ullima Thulé, la réalisation suprême de la démoralisation financière. Il n'en était rien, et d'autres surprises nous étaient réservées. Le fléau sévit maintenant sur les deux mondes, et il croit dans des proportions dont quelques chiffres donneront une idée pour l'Europe. De 1875 à 188'1, le total des émissions nouvelles s'est élevé à plus de 42 milliards pour l'Europe (1) ctdèpuis l'accroissement par année a toujours été de /1 à 6 milliards. Les dettes publiques ont largement contribué à la progression vertigineuse. M. deReden a calculé qu'en 1850 les dettes gouvernementales s'élevaient à l16 milliards; d'après M. Maurice Bloch, elles atteignaient le total respectable de G'i. milliards en 18U9; en 1881, elles se totalisaient nou·s a appris 1\1. l\lulhal, par le chi/Tre effrayant de 120milliards. Cc n'est pas être au-dessous de la vérité d'évaluer à un milliard et demi par an l'accroissement continuel des dettes publiques, et si, (1) Dans cc total l'apport de b France a été oc 27 milliards, sarnir 12 milliards en rentes françaises et 14 milliards et demi en Yalcurs diverses.

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