LA Dl•:~I0RALISATION FINANCll~RE 431 duction; il est de toutes les époques, tout en sévissant de préférence aux moments de dépression morale et d'anarchie économique. Quand les choses en sont à cc point, les excès de l'agiotage peuvent êti·e déterminés pardesengouements futiles (l) ou par des initiatives primitivement louable~, comme cc fut le cas lorsque Law tenta d'organiser socialement le crédit public (2). « Il comptait, s'il faut en croire les journaux américains, commencer ses opérations à la dynamite contre la distillerie Scherfcldt, à Chicago, et arnit embauché, pour une somme de 25,000 dollars (123,000 francs), un employé du gou,·ernement du nom <le Dc\\"al'. qui dcntit mettre en action la machine infernale. C'est cc Dewar qui a révélé l'affaire aux aulorités. « On lui aYait nfffrmé qu'il aurait le Lempsde se sauver. En réalité, Dewar eût ,ùrement été tué a,·ec les œnt c-inquantc ouHiers de la di,lillerie Schuflelclt, et a,·ec lui auraient disparu toutes les traces du complot. « Le sy111licatde \\'hi,ky, dont Gib,on était secrétaire, s'est constitué au capital ,le 30 millions de dollars (150 millions de francs). " (1) Telle l:i lulipomanic, qui soufla comme un ,·cnt de folie sur la Hollande au xv11• siècle. I :histoire est connue; les colons llam:inds furent pris tout à coup d'une passion effrénée pour les tulipes. Cc fut au point que de 1634à 1636 tout autre commerce cessa, cl qu'il s'établit sur la valeur de cette liliacée les jeux de bourse les plus extravagants. "Tous leshabilants,dcpuis le plus p:iuvrc jusqu'au plus riche, abandonnaient leur commerce et leurs manufactures; les uni vendaient leurs propriétés, les autre~ leurs meubles, pour se livrer au négoce, à l'achat l'i à I:t ,·ente des tulipes. On Yit même à Lille un brasseur de cette ville c,•dcr sa b,·asserie de la Tulipe, estimée 30,000 francs, pour un oignon de cette fleur. Cc cas n'était pas isolé; on ,·it ,endrc: Le vice-roi,., .. ,. . . . . . . . . 250 liv, sterl. 1.c :-;empcl'.\ugustus ..... . ~ L'amiral Llcscories ... . Schiller ..... . Yanlik ....... . Le Grcbbcr .. , ............ ) 500 4 IO 160 6,250 francs. U,500 11,0()() ,1,000 (l", BOJCllE, dans la Société noacelle.) D'aucuns gagnaient des million,; d'autres, en bien plus grand nombre, s'y ruinaient ; et la riche nation hollandaise était gravement atteinte dans ~on renom et dans sa prospérité. Cn décrdéncrgiquc des Etats mit fin à celle orgie et tout rentra clans l'ordre. (2) Law ne doit pa~ ètrc rendu responsable de l'incendie qu'in,·olontaircmcnl il alluma. Son Système, qui pa,·tait de cette idée juste que rfaat doit octroyer le crédit au lieu de le recevoir, se résumait,au point de vue pratique, dans la création d"une immense Banque de d<'p6ts destinée d'abord à payer toutes les dettes de !'Étal, - gril.cc à son privilège d'émettre un papier-monnaie garanti par le produit permanent des impûts, - ensuite à fonder le crédit commercial par la multiplication de la monnaie ou signe d'échange. Cette multiplication était obtcnablc, d'après Law, par la mobilisation des titres des grandes entreprises industrielles et commerciales alors existantes ou naissantes. Assurément, il n'y avait rien là d'impraticable. Mais la cupidité et l'immerralilé des contemporains du Régent ne cherchèrent et ne trouvèrent, dans ces
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