La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

41'! LA REVUE SOCIALISTE a pas assez lui-111èmeL. e capital n'est donc pas un mal en soi, au contraire, il est bon, si bon que le s~ul grand but du réformateur social devrait être d'en faciliter la plus large distribution possibleparmi ses concitoyens. C'est la congestion du capital qui est le mal, et la question du travail ne sera jamais résolue avant que chaquetravailleur soit devenu son propre capitaliste. » On peut dire avec raison que jamais niaiserie plus ridicule n'a été écrite, même par un économiste de la classe moyenne ou un charlatan religiP,UXfaisant de la réclame. Le capital est l'ennemi nécessaire et inévitable du travail, parce que l'existence même du capital présuppose l'existence simultanée de «libres» travailleurs dépourvus de toute propriété, excepté de leur force de travail que, pressés par la faim, ils doivent vencfre pour obtenir le minimum nécessaire de subsistance. Ces ((libres» travailleurs produisent des marchandises, non pour eux-mêmes, mais au profit des possesseurs du capital, et la question du travail ne sera jamais résolue tant que la production capitaliste ne sera pas supprimée; alors les travailleurs, c'est-à-dire la communauté tout entière, produiront des marchandises pour leUL·usage et leur plaisir commun; alors les catégor·ies (< profit, capital, marchandise et esclavage des salarié;; » auront fait leur temps. Tout cela, sans doute, est de l'hébreu pour le général Booth; mais s'il a du temps de reste pour ordonner à ses officiers de courir à droite et à gauche dansant et chantant à tous les coins de notre planète, il pourrait bien trouver un instant pour prendre en passant. l'avis des socialistes. Il apprendrait d'eux que, tant que durera le présent système de production, tout elTort individuel pour soulager la misère ou repêcher le « dixième submergé » ne sera rien moins qu'une (< tentative de vider l'océan avec un dé à coudre ». « Alors, s'écrie triomphalement le général Booth, alors vous attendriez la révolution sociale avant de donner du pain à John Jones et à ses enfants? » Pas du tout, mais au lieu de manipuler une nouvelle organisation pour cela, nous prendrions les organisations collectives déjà existantes, et nous les emploierions au bénéfice de la communauté. C'est sur ce point que les socialistes se séparent entièrement de tous les autres faiseurs de projets. Nos pi·opositions collectivistes pratiques pour les sans emplois et les indigents, pour la réforme complète de la loi des pauvres et l'établissement simultané de magasins coopératifs et d'exploitations agricoles sous l'administration de l'État et des municipalités dans la ville et à la campagne ont été présentées au public depuis longtemps et ont victorieusement supporté l'examen.

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