La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LE 1" ~IA[ .\U co:--:SEIL MUNICIP.\L DE PAHIS 403 l'om·ertnre d'une ère nom·elle (l'ère rnétamorphiste, a dit la Libei-té empruntant le mot à M. Ferry) au sein du Conseil. C'est qu'au YOte repoussant les condusions de la commission est Yenu s'en ajouter un autre, relatif à la question du chômage municipal, dont le résultat était bien de nature à permettre la confusion exploitée par les journaux. Le deuxième paragraphe de la proposition Blondel était ainsi conçu : « L'administration est invitée à autoriser les ouniers et employés de la Ville à chômer. » Ce paragraphe a été repoussé par le Conseil. - Pour celui qui n'a pas entendu les déclarations <[Uiont précédé et r,uivi le rejet, qui ne sait point comment se sont répartis les rntcs des conseillers, il est é1·idcnt que le Conseil a rnulu décourager le chômage du 1ermai, en interdisant le chômage à ses ouHiers et employés. Ce dernier vote a donc l'apparence d'annuler le précédent. Or, c'est à l'abstention d'un grand nombre de nos collègues socialistes, au vote même de quelques-uns d'entre eux, que ce rejet est dù. Le mobile qui les a déterminés à agir ainsi fut c;,..pliquéarnnt le scrutin par le citoyen Chauvière dans les termes suivants: « Je déclare que je voterai contre le dernie1· paragraphe de cette proposition, car j'estime que les tra1·aillcurs qui, le 1°' mai, seront assez courageux pour quitter l'atelier, n'y pourront pas rentrer le lendemain. » La mèmc déclaration fut faite par M. Bcrthaut, qui appartient à la fraction avancée du parti ouvrier possibilistc. Ces collègues craignaient que l'invite faite ù l'Administration ne fùt prise par les ouvriers de la \'ille comme une délibération exécutoire, les conviant à chùmer ce jour-là, d'où le,; nombreux re1ffois r1uine manqueraient pas d'ètre 01·donnés pat· l'Administration. Quelqu'un dit: « Avec l'administration que nous avons, ce vote ét1ui1·audrait it un piège tendu it nos employés et ouvriers, trompé,; sur la portée efTective de notre décision. » C'était là, assurément, une crnintc exagérée, pensons-nous. Il eût suffi de déclarer à la tribune que le Conseil, n'ayant aucune action directe sur le personnel de la Ville à la discrùtionde l'.\dministration, ceux qui voudraient chômer s'exposeraient à la vindicte de leurs chefs; cette déclaration eût rétabli la portée positirn du vote. Quoi qu'il en soit, quatre membres ayant Yoté notre proposition, repoussèrent l'autorisation du chômage; un plus grand nombre s'abstint. Il me suffira de citc1· parmi eux : Deschamps, Longuet, Navarre, Patennc, Vaillant, Réties, etc., pour faire comprendre que dans la pensée de ces collègues, dont l'attitude détermina le rejet du paragraphe par 32 voix contre 23, il n'y eut pas un seul instant l'idée d'atténuer le vote d'adhésion au 1°' mai. l\1alheureusement, la presse n'en demanda pas si long. Le fait

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==