390 LA RE\'UE 80CIALISTE Étant donné ces précédents, nous ne voyons pas quelles objections on pourrait élc,·cr contre la proposition qui vous est faite, d'adhérer il une manifestation ayant; précisément pour but d'intéresser les pouvoirs publics et l'opinion à ce qu'on pounait justement appeler : la codification des conditions du travail votées par le Conseil municipal de Paris. Nous avons entendu, cependant quelques-uns de nos collègues faire observer que, la manifestation du t., mai étant, avant tout, une revendication d'ordre général, adressce au pouvoir législatif, le Conseil municipal sortirait de son rôle, en l'appuyant, la question ne l'intéressant point directement. Cette objection ne se soutient pas. C'est justement parce que les revendications ouwières tendent il faire passer en principe de droit public la protection légale du travail, que le Conseil doit les appuyer. Rappelez-vous, en effet, l'argumentation ordinaire de l'Administration, pour justifier l'inexécution des clauses inscrites dans vos cahiers de charges des cntrep1·cneurs. « La loi votée par le Sénat, disait encore naguère M. le Préfet, en réponse aux observations présentées par M. Yaillant et par nous-même sur ce point, c'est tout simplement l'application du principe supérieur·de la liberté du travail. .. Vous n'avez pas le droit de porter atteinte à cette liberté ... > Dans cette même séance, le 10 mars, M. le directeur des Travaux vous disait : « Ce que vous demandez n'est possible qu'avec une modification de la loi ... Le Parlement est en ce moment saisi de ces questions relativ<'s au travail : quel doit être votre mode d'action? Vous deYez porter \'OS revendicati0ns auprès des commissions parlementaires saisies. » Let er mai, les délégués des chambres syndicales iront porter vos revendications, qui sont les leurs, devant ces Commissions, auxquelles vous renvoyait, il y a huit jours, M. le directeur des Travaux. Pouyez-vous vous refuser à vous joindre à eux? Ce serait, Mes - sieurs, donner singulièrement prise à ceux qui vous reprochent de n'émettre que des Yotes platoniques dont vous connaissez d'avance la nullité. Aux cours des dernières élections, c'était là le cheval de bataille des adversaires que vous savez. La plupart des conseillers sortants ont pu entendre formuler cette accusation de connivence du Conseil avec l'Administration. li ne faut pas que ceux qui ont ainsi suspecté la sincérité de vos convictions, en matière de protection ouvrière, aient même un semblant d'apparence de raison, et le Conseil, nous n'en doutons point, appuiera la manifestation, ayant pour but de faire inscrire dans la loi les conditions de travail qu'il a votées.
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