La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

:'\OS CAUSERIES 361 NOS CAUSERIES DU VENDREDI Les points secondaires laissés de côté, ainsi que la critique de tel ou tel ridicule, de tel ou tel vice même, voici l'analyse des deux conférences faites par le citoyen Veber sur la Réf omie jiidiciafre et la Vénalilc des offices. Le citoyen Veber a traité ces deux questions avec une grande autorité et une indéniable compétence. Tout d'abord, l'orateur s'est séparé de la majorité de ses amis politiques en se déclarant contre l'élection de la magistrature et pour le maintien de l'inamovibilité de la magistrature, qui est la conséquence légitime de sa nomination par le pouvoir exécutif. L'i· namovibilité garantit le magislrat contre les. caprices ministériels et le rend suffisamment indépendant. Sous les monarchies, l'on voulait le juge royaliste ou impérialiste. Dans une République il doit naturellement être républicain; un jour il sera socialiste. Donc, si l'on veut respecter la souveraineté du peuple, le recrutement judiciaire doit dépendre du gouvernement, que ce dernier soit issu des suffrages populaires ou d'une juste insurrection. La tradition révolutionnaire n'impose pas aux républicains le dogme ùe l'élection de la magistrature. Le citoyen Veber l'a démontré textes en main, et à ce propos il a trouvé l'occasion de rendre une fois de plus hommage à l'admirable bon sens gouvernemental de la Convention. La Chambre actuelle n'est capable que d'une seule réforme (elle vient de la faire incomplète), l'extension de la compétence des juges de paix. Voici quel serait le minimum des réformes à opérer dans la juridiction civile des juges de paix : 1• Remaniement des cantons .. \ugmcntation du travail et du traitement des juges de paix; 2• Leur laisser connaitre do l'exécution de leurs jugements et des actions en payement des frais faits devant eux; 3• Élever la compétence en dernier ressort de 100 francs à 200 francs, et en premier ressort, de 200 francs à 1,500 francs; et leur accorder la faculté d"accepter prorogation de compétence, c·cst-à-dire de statuer, en tant que juges, sur toutes les difficultés qui leur seront soumises, à la seule ex-

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