La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

L.\ REVUE SOCI.\LISTE sou<'is de I"entrcli~n des enfant~ et des parents t\gés ou infirmes , est la plus pénibl<' des ,itua tions ; Considérant, en outre et <l'uno part, quo nul ne peut arriver il. la fortune ni mênw ,, l"ai,ancc san, i-trc pui,sammcnt aidé par !"état social; que cette aide, provenant ~oit <le la nature, soit de la société, est certainement pour plus de moitié ,Jans la constitution de la richesse particulière et surtout dans la création des i::randes fortunes. Que, dès lors, la So,·iété a des droits dans le partage de ces f ortunes, au moment où la mort en dessaisit le détenteur; Quïl n'_va pas de plus légitime héritier que la Sociéte clic-même, puisqu'elle hl·ritc nu nom et au bénijlce de tous les coopérateurs qui rctrou,·cnt, lors de la ti·ansmission naturelle, l"é<1ui,·alentde leurs propres dépenses , le prix de leur,; offorts, la rémunération <le leur concours et p1·écisément en proporlion p1•091·e,sire <le !"étendue et <le l'importance des fortunes. Considérant, d'autre part, qu'en raison de la large place qu·o ccupent les affections de famille et de la communauté de travail entre pères, mères et enfants, il est naturel <le maintenir une certaine fa,·cur à l"ègard de !"hérédité en ligne directe; Que si, d'un cûté, cc droit à !"héritage ne doit pas dépouiller la Société, d'un autre <·tité, le pécule <les parents pau, rcs ou peu aisés doit être ménagé; <Juïl s·cn~nit que la Société doit recevoir pett sur les pefües fortunes, dacantar1,, sur les fortunes moyennes, el la moité, au moins, des grandes; Qu'avec ces élément~ de\Ta ètre créé un domaine dit de la Prüoyance nationale; Considérant que par la constitution de ce domaine, essentiellement inaliénable, les ressources futures seront supérieures aux avantages des annuités et s·aceroltront dans de telles proportions quïl y aura prompteme nt, d'un côté, plu• de facilités pour pensionner, et, de l'autre, moins de pensionnaires, car le domaine donné en location à des associations, intéressées à le faire rnloir, arrachera chaque année au salariat un nombre de plus en plus grand de travailleurs; Considérant que tout en payant la plus forte part d"un budget national de 3 milliards et demi, le travailleur n'en profite gucre; Qu"étant les plus nombreux, le~ travailleurs contribuent encore <la,·antagc aux autres <-hari,:es, telles que octrois, conscription, etc. ; Considérant que l'on donne pension et retraite aux militaires, aux magistrats, aux fonctionnaires, en un mot à tous les agents qui conserrent et protèyent la p,·oprieté et que l'on n'a encore rien fait pour ceux qui proclul~ent et r,•lfcnt la propriéte. Basly, député. - Toutes nos félicitations aux électeurs de Béthune qui, non contents d'infliger définitivement un dédaigneux congé à. la réaction cléricale, ont accordé à Basly une majorité inespérée de trois mille voix sur son concurrent républicain. Plus de huit mille suffrages socialistes ont renvoyé Basly reprendre à la Chamhre la place qu'il y a si dignement occupée pendant la dernière légi:-,lature.

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