REYUE DES RE\"UES 327 !'Économiste fmnçais du 7 février. Sa thèse est la suivante : il est inutile de protéger l'industrie cotonnière contre une concurrence étrangère imaginaire, cette industrie étant une des plus prospères. Sa démonstration est décisiYe. Les cotonniers prétendent ne pas pournir se passer de la protection de tarifs douaniers élevés; ils réclament une augmentation de droits de 1.0à 60 0/0, pour leur permettre de se maintenir et d'enrayer la diminution du nombre de broches, qui a atteint déjà 33 0/0 depuis 1870. :\I. Georges Michel rappelle d'abord que tous les gouYcrncmcnts antérieurs ont protégé, dans des proportions considérables, cette industrie, ce qui lui a valu des bénéfices énormes et un développement de production dont les chiffres accusent la prospérité. De 18-1.7à 1836, on a transformé annuellement ô3 millions de kilos de cotons brut; de 1837 à 1866, la moyenne annuelle s'est élevée à 7i millions; de 1867 à 1876, elle h passé à 86 millions; de 18ïï à 188G, la production a atteint 98 millions; enfm, à pal'tir de 1887, elle dépasse 107 millions, et en 1889, elle atteint 113millions. Il est donc puéril de soutenir que l'industrie cotonnière traverse une crise. Le nombre de ses broches a diminué de 35 0 0, dit-on? En admettant l'authenticité de ce calcul improuYé, la diminution du nombre des broches correspondant à une augmentation notable des produits fabriqués, indique qu'il y a eu amélioration de frais généraux et surtout perfectionnement de l'outillage, c'est-à-dire rondement supérieur avec moins de main-d'œuvrc. ·car les cotonniers oublient de nous dire, en nous décrivant l'état de leur industrie, que la broche actuelle diffère <lecelle cl'il y a trente ans. Tandis que 30,000 broches .:\Iull-Jenny produisaient, en 1863, 383,000 kilos, en 1890, 30,000 broches continues en produisent 1,620,000. Avec l'outillage actuel, nécessitant moins de bras, la production a triplé! Si l'on réfléchit que l'industrie cotonnière a opéré ces modifications avantageuses de son machinisme sous un régime de protecti~n, on comprend quels bénéfices énormes ses capitalistes ont dû empocher. Je le répète, la démonstration de M. Georges Michel, que nous venons d'analyser est irréfutable. - Mais, puisque ces faits sont enregistrés par un économiste, pourquoi, lorsque les socialistes proclament la nécessité d'une revision des lois sociales réglant la répartition des richesses, en la justifiant par la nécessité de rétablir une équitable répartition, faussée par les lois de privilèges comme celles que rappelle M. Michel, pomquoi, dis-je, l'économiste criera-t-il à !"iniquité, à l'utopie et même à la barbarie? La thèse de !'Économiste français contre les protectionnistes est irréprochable. Quand les socialistes la développent contre les privilégiés économiques de toute nature, elle ne l'est pas moins, et M. Georges .Michel lui a apporté des faits nouveaux intéressants à l'appui.
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