La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA nEVUE SOCIALISTE s'accroître la production des eaux-de-Yie de ra1sm. Leur coût de fabrication est trop onéreux_ Reste à savoir cc qu'il conviendrait <le fairr pour enrayer la production industrielle de l'alcool. M. Dubois combat l'élévation des droits, parce que celle-ci favorise, dit-il, la fabrication dPs alcools de qualité inférieure, mais n'entraine pas la dé-crois ancc de la consommation. A l'appui de son opinion, le collaborateur de la Rrvue srienti(iqHe invoque l'accroissement constant qu'elle a suivi, paralli'lemcnt à la progression des taxes. Nous ne croyons pas que cc soit là une preuve décisive. L'alcoolisme a pu triompher de l'élévation des droits jusqu'à concurrence de 156 francs l'hrctolitre. Rien ne prouYe que si on élevait encore ce droit, si on le doublait comme en Angleterre ou en Russie, l'accroissement de la consommation n'en serait pas enrayé. Dans ces deux pays et en Non,·ège, l'alcoolisme a décru dans des proportions considérables, sous l'innucnce de la surtaxe énorme dont on a frappé ce produit meurtrier. La question sociale est à l'ordre du jour des recherches de la science universelle, sauf de la science officielle française, qui évite avec grand soin de porter ses investigations sur cc terrain brûlant. Ainsi, en Italie, la leçon inaugurale de M. Alhert.oni, faite à la rentrée des facultés de l'Université de Bologne, a été consacrée par le savant professeur au développement de ce sujet : La Physiologie et ln Question ~ociale. La leçon a paru dans la Revue scientifique du :.:!1 f{•vricr, et nous voudrions que l'espace nous permit de la publier in extenso. En voici une analyse sommaire: « La question sociale doit être résolue avec le concours de la physiologie, parce que c'est cette dernière qui établit le bilan alimentaire de l'homme et de sa capacité physique de travail.._ L'organisme humain possède, comme une administration financière, une mirée et une sortie, la première étant représentée par les aliments et les boissons ... ; la seconde par le travail et les excrétions. » • Dans l'équilibre réalisé du doit et avoir résident la force et la santé ... Il en est qui consomment une quantité d'aliments supérieure à leurs besoins ; ceux-là sont punis par les [affections diverses qu'ils se procurent pètr leurs excès, et il appm·tiencll'ait ci une bonne législation sociale de metfre un lel'me à ce gaspillage de (orces, èt celte sousfraction dl' maté1·iaux nutritifs, pour en assurer une plus juste répnrtition el donner ime nottrritu1·e sit((isctnte à. toiis. - Il est évident qu'Hni' cmll-e J)al'tie de la population souffre pai· insufftSance d'une bonne alimentation ... ».(.Je. souligne ces deux dernières propopositions, qui ne le sont point dans le texte : si ce passage tombe sous les yeux d'un étudiant français, il pourra établir la difTérence de langage entre le professeur italien et ses maîtres français.). '

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