LA BANQUE DE FHANCE 319 Voih\ pourquoi il faut supprimer le conseil de régence et les actionnaires. Voilà pourquoi l'escompte ne doit être qu'une commission infime : « l'unité de frais généraux de l'année précédente, répartie sur l'u- « nité d'opérations. » Voilà pourquoi les e{Teis devraient être admis avec deux signatul'es. Voilà pourquoi l'escompte, en l'état très appauvri de la circulation monétaire de la nation, pottrl'ait et deui·ail atteindre 25 milliards. Voilà pourquoi il faut rétablir les coupures de 23 et de 20 francs, afm de fournir un moyen d'échange au petit commerce et à l'agriculture - l'argent servant d'appoint. une Banque du Ti·ésol' public fonctionnant ainsi et surveillant efficacement sa réserve d'oi' pour l'empêcher d'émigrer à l'étranger, mesurant cette réserve aux nécessités absolues des ùnpo1·tations, en exigeant la réciprocité en ce qui concerne les expol'lations, cette banque, dis-je, pourrait aisément supporter les gros déficits qui feraient pâlir d'horreur la Banque actuelle et qui se produiraient infailliblement; car il ne faut pas se dissimuler que les eITetsen souffrance dépasseraient, au début, un dixième des billets émis en équivalence du portefeuille - par consé<1uent 2 milliards 1/2 sur 25 milliards d'émission. Ce ne serait pas là un danger, pourvu qu'on ait eu soin de bannir l'emploi de l'or ùans les escomptes et de n'effectuer ceux-ci qu'en papier et argent, dans la limite de l'appoint nécessaire. Tout cela pourra paraître bien hardi aux routiniers de la finance, et cependant, il y a mieux encore à faire ; mais ce mieux, qui serait une véritable révolution pacifique, ne pourrait se réaliser que le jour où l'État, tout en conservant à l'argent son emploi commercial, mais en réservant l'or soit pour les relations internationales, soit pour des réserves défensives, monopoliserait le payement de l'impàt à un papiel' annuel, strictement national et qui cesserait d'avoir cours au delà de la (1·ontière. Malheureusement, il faut tant d'autres changements autour de celui-ci que je renonce à les énumérer aujourd'hui; mais je crains bien, en attendant, que le vieui.: coucou de la rue de la Vrillière, continuant à cheminer à l'ombre de l'ignorance parlementaire et à la faveur de la servilité ministérielle, ne nous verse rapidement dans la plus fangeuse des ornières. AUGUSTE CHIRAC.
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