La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

1..\ RE\"llE ~1)CI.-\LISTE :sociale, pal'tant un privilège . .\lais le parti radical progressi:ste, appuyé par la fraction catholique que dirige ;\l. Dccurtins, se prépa1·c à c•ntrer clans une voie de réalisations sociales encore plus complète. Le Griitli et la Fédération OU\Tièrc cnt résolu de commencer la campagne prochainement, provoqués, <l'une part, par les rési~tances du parti démocrate; de l'autre, par l'impatience des ~ocialistes proprement dits, qui, tant à côté qu'au sein même des sociétés affiliées, aspirent à faire triompher un programme de réfornrns plus vaste'. Voici les gran,lcs lignes de ce prog1·amrne, tel que nous le trouvons dans le rapport de \[. Arago: 1° Abolition de la police politique fédé•rale et de toutes les lois d'exception concernant une opinion <ruelconquc, religieuse ou politique; ~• Introduction du Yotc proportionnel puur toutes les élections fédérales; :1°f~Icctiondu Conseil f1 1déral par le peuple ; '1° Introduction prochaine du l'e(e,-ellflwn obligatoire et du droit d'initiative; ;j• Pharmacie et médecins officiels, en cas d'accidents et de maladies; 6° Hcvision de la loi sur les fabri11ues; ï• Hemise à la Confédération (nationalisation) des monopoles sui· Je,, allumettes, les banques, les billets de banque, les ch<'mins de fer, le commerce des céréales, la fabrication des tabacs. ;\l. Arago considère ce prog1·amme politico-c'·conomiquc comme le vœu d'une pal'tic très restreinte de la population suisse et n'ayant, par con-,équent, aucune chance d'aboutir. 'ous -;ommes convaincu que notre amba~:,,aclcurest clans une erreur absolue. Bien loin que ce p1·ogrammc soit l'œuvre d'une minorité infime, de la fraction ouvrière la plus avancée, c'e<;t à peine s'il dépasse la mny<"nnedes revendications formulées au sein de (~rütli et de nombre de sociétés ouvrii·r('S affilit'•C'S à la Fédération. A raison du caractère positif et méthodique des sociétés suisses, ces revendications peuvent ne pas être l'objet de leurs rlesitle1·ntn imméclirtl8, mais elles ne sont pas repoussées par elles. Si elles ne sont pas inscrites aujourd'hui tout au long dans l't',numération des réforme~ demandées, on peut ètr<' assuré qu'elles le seront demain, et, pour notre compte, nou,;; connaissons nombre de membres innucnls, appartenant mi'•me à la fraction catholique, qui n'hésiteraient pas à signer ce programme anodin, cousid6ré par notre ambassadeur comme un plan de réorgani-;ation sociale utopique. Le rapport officiel que nous analysons contient nombre d'autres rensci!rnemenls inté1·essants, dont quelques-uns, tels que ceux relatifs à l'Association des brodeurs de Saint-Gall, sont un peu étrangers

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