La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LA nEVIIE SOCIALISTE Stritistiqtte. Là encore tout est à réorganiser sinon à créer (1). Le service de statistique du Ministère du travail aurait des tâ.ches multiples, nous ne pouvons mentionner que les principales. Dresser, au moins deux fois par an, un tableau comparé de la production agricole et industrielle dans les différents pays ; cette production envisagée dans les divers éléments qui la constituent, richesses naturelles, outillage, procédés, salaires, etc. Insister sur la condition des travailleurs tant au point de vue moral qu'au point de vue économique. Signaler les progrès de la concentration capitaliste et ceux des sociétés ouvrières sous leurs diverses formes: sociétés de participation aux bénéfices, de consommation, de prévoyance, de crédit mutuel, de production, de résistance, d'instruction mutuelle, etc. Analyser les conditions du marché: trop plein ou pénurie soit des bras, soit des produits, mouvements d'émigration, activité ou ralentissement de la production ; les grèves, les accidents, action de la législation industrielle, marche des salaires et des prix; prodromes de crises (d'inflation ou de dépression), moyens de les atténuer ou prévenir, situation commerciale, importations, expor• tations, différences des prix, fausses manœuvres des producteurs et des échangistes, action subversive de la spéculation sous toutes ses formes, mais notamment sous celle des marchés à terme. De pareilles données seraient utiles aux États et aux indush-iels, elles le seraient surtout aux ouvriers qui seraient toujours renseignés à la Bourse du travail de leur ressol't des conditions générales des marchés du travail et aussi SUI' la tendance au développement ou à la dépression des professions diverses, sur les inégalités de salaires que rien ne justifie, etc. Ainsi éclairées, les Fédérations régionales ou nationales des so• ciétés de résistance dirigeraient plus fructueusement leur action régionale ou nationale, voire même internationale pour l'élévation raisonnable ou l'égalisation relative des salaires et aussi pour l'amélioration constante des conditions générales du travail. , (!) Les &ervioes statistiques, mal agencés, embrouillés, sont dispersés en quatre ou cinq ministères sans aucooe unité de vues, de direction, ni de procédés de calculs. Ils sont considérés dans ces ministères comme des services acce~soires et superflus, de pure formalité. Cela se conçoit: disséminés dans les bureaux, sans aucun lieu entre eux, en reiations de d6tail administratives avec des services voisins qui n'ont aucune idée de l'importance de leurs travaux, ils sont isolés et, par dessus tout, livrés à des chefs qui méconnaissent eux-mêmes la nature rle leur~ fonctions. (G. RoUANET: Loco cüato.)

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