La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

LE ML~ISTÈRE DU TRAVAIL 263 du travail, d'obtenir la nomination d'un Conseil dit frai•rtil devant être consulté sur toutes les réformes immédiatement réali">ables. Le député :1\Iesurem·a été plus heureux à la séance du i novembre 1890; il a obtenu la nomination d'un Conseil sttpéricu,· du h·avail. « Toutes les formes de l'activité humaine, disait avec raison ~Icsureur dans son exposé des motifs, ont des organes constitués qui exercent une grande influence ~ur les décisions que prend le gouvernement. Le monde du travail seul ne possède pas celte repré;;cntation légale: il serait légitime de donner aux ouvrier::; les armes dont disposent toutes les autres classes de la société. » Présenté sous cette forme et ne dc\·a1lt être qu'un organe con'\ultatif, le Conseil supëriew· cht travail ne saurait même constituer un progrès sérieux, dans la voie à suivre~ Nous pouvons même nous demander si le Conseil supérieur dtt lrnvciil organisé par décret du 22 janvier 1891 constitue un progrès quelconque. M. Jules Roche, ministre du commerce, de l'industrie et des colonies, en restreint ainsi les attributions: « Ce Conseil supérieur, établi dans des conditions analogues à celles des autres corps con!'ultatifs existant près de mon ministère, sera essentiellement un instrumcntcl'étU(]es pour examiner les projets et pour préparer les solutions sur lesquelles le Parlement aura à se prononcer; il est destiné à fournir d'une manière également rapide et sûre les renseignements concernant les questions ouvrières, que l'on n'a pu obtenir jusqu'ici qu'en ouvrant des enquêtes longues et coûteuses, enquêtes dont les résultats n'ont pas répondu, la plupart du temps, à l'effort déployé. c Chargé d'apporter au ministère auprès duquel il est placé toutes les lumières dues à la compétence spéciale des membres qui le composent et qui doivent représenter tous les éléments de la production industrielle, il doit demeurer pour les pouvoirs publics un appui indépendant, éclairé et impartial; il ne doit pas être l'o1·9a11e xclusif des revendications ou des inléréls d'une classe particulière. » Arrêtons-nous là, M. Jules Roche a sa manière à lui de dire: il n'y a pas de question sociale (1). La Suisse républicaine a fait un pas de plus, en instituant, le (1) La composition du conseil,composé de cinquante membres, n·cst pas fa.ile pour nous rassurer. En regarda ut à la loupe nous décou\Tirous pcul-êlrc deux ou trois réformistes modérés, et tl'Ois ou quatre intcrvcnlionni,tcs dont le plus socialiste est :\f. de Mun. En rc,·anche, tous ceux qui, daus l'économ,o politique orthodoxe, se sont distingués par leur acharnement contre toute intervention de l'État en faveur des travailleurs y sont à la place d'honneur et forment la majorité. Rien ü a.llcndre de celle prétendue innovationqui n'est que la réduction caricaturale d·une idée juste.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==