REVUE DES LIVRES ks rentes, bénéfice,, profih et intérêts de toute espëcc ne sont que dn trar:rtil non payé, la justil'tl rxigo la destruction d'un tel état de chose~ et l'institution d'un r~!-(ime<'Ollectil'istc dans lequel chaC"unsera rétribué propo11ionnellement à son tra,·ail utile. )fou, craignons que '.\I. :'llinault ne nous suive point jusqu'à cette conséquence, qui ol(•ri,·ccepen,hint de son culte passionné pour la justice. :'Il. Grüncr, ingénh·u,· ci, il, a ensuite présenté un rapport important sur la respon~abilité des accident,. Nous apprenons d'abord qu'en Frnncc, le nombre des accidents mortels dépasse 3,000 par année, et que le nombrr des a,·t•idents gra,·es dépasse 1t,000 à 15,000. Trois mille morts et , 1uatorzc mille e~tropiés, c"est le chiffre des 1wrles d'une bataille sanl?lante. C',•,t un peu comm~ si, C'haque année, la. France dentit subir un nou,·cau ~edan. l :u.,in1', la. mine sont ile vrais champs de bataille où l'on meurt obscurément pour assurer aux rentiers des hôtel,, des é11uipages, des maitresses. :'Il. Grüner im·ite les patrons franr;ais à suiHe l'exemple d\JS industriels al~aciens, riui ont créé une a,,oc:iation pout· prévenir les accidents. Cette association n, des inspecteurs, e,crcés par un<' longue pratir1ue cl d1al'gés do "ig-nalcr dans chaque atelier les détail, dang-ereu, des appareils mécani11ucs. On a pu par ,-o moy-,n réduire de 50 O;O k nomure des sinistres. Il est urgent d'ag-ir et d'ag-ir l'ile ,,i l'on ne ,·eut l'a, ,ubit· à bl'cf délai une in,pection analog-ue :\ ccll<ld<lR dc'l,'qm' · mi,ww·,, réc,~111men créé., et que notre rapporteur scmhle ne pas porter dans son co•ur. l'uur indemniser le~ victime~, ~1. Grüncr prêcoai'iù <le vaste~ a..;so<·iation-.;c.l'assuranee~ mutllcllc, formées pat· les patrons cl rllpousse l'assurance ohligttloire (projet Julc~ Hoche). :\lais celle derniërc ,·ondusion n'a pas été acct•ptée par ra~~emblée ,an, soulever des pl'Otcstalion, mo1ivécs. :'Il. Gi,h- cxprimr l'avis qu'il faudrn hil'n en Yenir :\ ra,,uranrc ohligatui1·c, puisque les patrnns fran,;ais n'ont à peu Jll'c, rien fait jusqu'à présent. f:\'idcmmcnl,avee hcau,•oup de temp,, ces ,·a,tcs a,- sm·an.-,<lsmutuelles ~·établiront pcut-ètrc. :\Jais si ces messieurs ne sont pa~ pres~é~, les ou, riers lè sont. De cc rapport r<'lcnons un fait important: qu'on peut réduire de 50 0.0 hi nombre des accidents au moJcn cl'um· inspcl'tion trb a1tenth·e, c" qui condamne formellement l'égoï,me de, patron, fran1:ai, et lïtl<'urie de l'i-:tal bourg-eois. :'Il. Charles Robert c~t l'apùtre bil'n connu de ln, par1idpalion aux bènéti<-cs. Son tra,·ail c:-..pose k•s divcr,cs formes de pa1'1ic·ipalion cmplo) ée, et ithi,te ,nu· l'équité de cc mode de ,listl'Îbulion des p1·oùuits du trarnil. Xuus ne le contredirons pas sur cc point. :\lais croit-il ~incèremcnt ré,oudre par ce moyen la. question sot'ialef Le nombre ta.al des mni,ons qui ont admi, leurs ouvrier, ,t une part des b6néfkes s'élcrn à 222. :-ious acceptons ce chiffre, bien que notru ami B. :Malon, dans son récent article sur les coopérations ounières, u·cn ait compté que 134, dont 80 pour la Franco. Il faut avouer que le résultat e,t maigre et qu'il restcr:i. tel t:i.nt qu'on comptera seulement sur d'éloc1uentcs exhortations pour refréner et pour vai,wrc l'égoïsme na.turc! de l'homme. « Toutes u le:-; pas::,ion➔ !-!tepèrdcnt dan::,l'intért•t comme le::,tlcuvcs <la.nsln.mer, ,, a dit La Rochefouc:i.uld. Cette amère réflc,ion du pé116trant mornli,te c,1 encore plus vraie de nos jours qu'au dix-septièn1c siëclc. Dans la SOl'iété actuelle, la. lutte pour la. ,ie devient toujours plus ùpre el fait de l'égoïsme une néee,~ité do conservation personnelle et familiale. La fatalité des conditions écooomi,1ucs domine les hommes, et on peut estimer que, dans le monde des affaires, il y a à peine un capitaliste sur dix mille qui soit c.1pable de sacrifier de bol! gré une partie de ses bénéfices. Il faudrait donc demander lïnten·cntion de l'Etat, imposant d'autorité ce qui ne sera jamais obtenu par les plus touchantes prédications. Et encore, dans cette hypothè~e bien improbable, que forez-l'ous de l'armée industrielle de 1·ése1•,:e, des sans-travail·? ~·augmcntera-t-elle poiut en nombre par l'ardeur plus grande que déploieront les ounicrs dans chac1uc atelier par les heures supplémentaires quïls feront afin d'accroitre leur part. Le më:Oe trarnil sera exécuté par moins de travailleurs. Dans la société bourgeoise et avec la propriété individuelle, les faibles, les plus faibles sont et seront toujours victimes, ce qui est en contradiction formelle avec votre idéal de fratemit6 chrétienne. MM. Gide et Siegfried (député) ont terminé les travaux du congres par une
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