La Revue socialiste - 1891 - Tome XIII - vol 01

1!)2 L.\ RE\'UE SOCIALISTE D'après la statistique de l'.frmée du sal11t, le nombre. d~s tl'amps dépasserait 200,000, dont ~,0,000 à Londres _seulem?nt, ou ils se co~- cloientavec :m0,000malheureux Yivant au Jour le Jour, sans travail réo-ulieret plus de 100,000 prostituées! (1) Ces ehifTresque nous n'a,·ons pu vérifier sont-ils exagérés? On voudrait le croire; en Yoicid'autres, en tous cas, qui n'ont pas été contestés: Sur :3'd/L!.J:iécoliers qui forment la population moyenne des écoles publiques de Londres, il n'y en pas moins de l13,888qui vont à l'école sans avoir mangé . .Malgréles elîorts considérables de la charité et les diners gratuits distribués en ur:md nombre, il y a 2i, 739 enfants qui s'en retournent chez eux, le soir, sans avoir rien mangé et défaillants de faim (2). pédestrement un rnya_c:epour atteindre un but désiré. Ici, le mareheur est ua pauvre; le but, une nmt en pri,on et huit onces de pain. u ! luit onces, c·est la mesure pour les mâles adultes; six pour le~ femelles, et au-d~»ous de sept an~ qualr,· once, et une demi-pinte de bouillie. • Et pour gagner cette pàture, des milliers de mi,érables arpentent les routes de l'.\ngleterre. lis marchent tout h• jour ju~quc après le coucher du soleil. Suu,·ent l'étape est loni:uc, la journi•u courte, alors il faut se hâter, car le gite ne s'ou\Te que de sept :i neuf et, pa~sé l'heure, ils heurteraient en Yain il la lour,lc porte. Aujourd'hui ici, demain là, après-demain plus loin, tous les jours ils foulent le long ruhan d'une route nou,·cllc, comme le juif de la légende, ils marchent ~ans pou,·oir séjnurner nulle part, car plus pitoyables que lui encore, ils ne possèdent m~mc pa~ les cinq sous tra<litionnek • Ct! sont le-. trcunp... « Sans famille, san, ressource, sans foyer, ils ,·ont seuls tians la vie, la trarcrsant d'étape en étape, fournissant chaque jour leur stérile fatigue, jusqu'à cc qu'enfin ils s'arrNént, jambes raidies, genoux ankylosés, pieds sanglants, ,·entre ,ide, ne pouvant faire un pas de plus. La machine humaine usée et surmcni,e refuse le scr,·ice. Détraquêe, elle s'écroule sur lo bord du fossé, au pied ,lu vieil arbre de la route qui ,·il passer tant <le détresses, et le tramp étendu sur le dos, avec uno pierre sous ~es reins brisés, sa face émi:wée tourné,1 ,ers les étoiles, s'endort dans sa suprême halte (Hector l•1tAKCE: Lr, \'a-nu-pied• de Lo,11h·e,1. 1) \\'illiam BooT11: 111 t/11•/) u•l,<•,t En9land and the \Vay out. 12) On compte <1u'il,. arnit il Lon<lr<!s: En 1800. 1830. 1810. 18:>U. ltk<O. 80.CXJO prostituées. 120.000 160.000 200.000 270.000 .\ujounl'hui ellh ,crai,,nt au nombre de 300.000 (('harles BooT11, dans la Société nouoelle.) (3., I.e même triste phénom:,,w se produit tians la capitale autrichienne. En Allerna,me, le, •tcttion • /,,,,,,itfll i~rc• du pasteur Bodelseh wing et l'immen,e workhuuse do Rumfurl, à :'llt111ich,no peuvent pas suffire aux désespérés. La

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