t.",ô L.\ UE\'IJE SOCI.\LISTE 1 . t· • •ent1 ·,·e C"" lamentables ruine<. humaines reçurent ( d!'n ,on prc, , ,.~ , . enfin d<'s~oins médicaux, et obtinrent une nournture plus subst:rntiellt• pendant cil\'iron troi:- moi", à l'expiration clesquels tous, sauf Fridcnson et E1116lianoff,furent déclarés com·alescent-;. Orloff et J\lm• Li·hcilcva sou/Traient encor<' du scorbut; les autres n'étaient encore que les ombres d'eux-même.s; néanmoins le: a1:tori,tés e~tirnèrent qu'ils étaient de forer à supporter les fatigues d un vo~age d'cnvion cin11mille milles, et d'arrin:-r aux mines du TransBarkal. XXIX LC 1)1.P.\RT POi R L.\ SIBÉHIC • Je n'oublierai jamais, tant que je viv1·ai, me dit un exilé qui se trouvait parmi ces condamnés, la dernière nuit que nous passàmcs dans la mai,on de détention préventive, arnnt notre départ. C'était la nuit du :H au :!~i juillet 1~:l. Le bruit courait parmi les condamnés politirrues qu'un grand nombre d'entre eux partiraient dès le matin pour la ~ihérie; mais aut'un ne f.aniit exactement s'il était de ce nombre .. \.ussi tous veillaient-ils, anxieux. Je ne perçus aucun mouvement inu-<itéjus11ucs à un peu après minuit, lu·ure à la11ucllcj'cntendi-, une ecllul!' voi-;inc de la mi<·nne s'ouvrir, et passer devant ma porte un ami <1uim'était très cher, qui avait pa::;scde longues annces en prison, 11ueje n'avais pas revu depuis les belles années de notre jcu1wssc oü, libre,; et la main dans la main, nous travaillions tous les dcnx à la réalisation de notre idéal. Je le reconnus à son pas. Il Nait clair que l1·nou,·<•au conrni allait partir et que lui aussi s'en allait aYec les autres aux mincs du Trans-Baïkal. Au bout de dix ou quinze minutes je l'cntendic; revenir; mais sa démarche n'était plu-. au "i a<;suré<•,et cha,1ue pas était accompagné d'un di<Juctis mi·talliqu<•aigu et d'un frottement de chaines. On lui avait mis les fe1·saux pi('ds. \"aturellcment je savais fort bien que c'était l'haliitudr, et, néanmoins, au pn·mier moment, j'éprou,·ai un vague sentiment d'horreur. Il me parut inconcevable et monstrueux qi:c lui, cet homme que j'aimais comme un frèt·c et qui était pour moi l'incarnation Yivante de tout cc qu'il y a de meilleur, de plus noble et de_plus généreux, frit enchainé ainsi qu'un voleur de grands chcmms et sur le point de partir pour les travaux forcé.-;. Pendant <1ucl11ues minutes, j'arpentai ma cellule en proie à une insurmontahlc ag-itation nerveuse. Pui~, lors<ruc l'on emmena les prisonniers, un (iar un, aux magasins de la prison, d'oü on les ramenait un peu ::ipre,, cnchainé:.,_je ne pus pas ::;upporter cette torture plus longt,.mps. Je me Jet(u sur mon lit et je cachai ma tête sous l'oreiller
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