1.-,4 LA REVUE SOC! \LISTE M'"•Yera Phillipova, une révolutionnaire bien connue, qui était en même temps une femme belle et accomplie, et qui fut condamnée à Saint-Pétersbourg, en 188i, demanda connne une suprême faveur qu'on la pendît plutôt que de l'envoyer au château cic 1::,cl~lusselbourg. Le gouvernement refusa. Les suicides et les tenta!1ves de suicide dans les cellules de la forteresse sont, du reste, relativement fréquents; il n'est pas rare non plus que les prisonniers frappent un des officiers de garde dans l'espoir d'être jugés pat· une cour martiale et fusillés. Un président de tribunal dont je fis la connaissance à Moscou, à mon retour de Sibérie, répondit à une question que je lui posai que le révolutionnaire Muü;hkin avait été fusillé au château de Schlussclbourg, au cours de l'été de 1885, pour avoir frappé le médecin de la forteresse. Désespéré, il avait résolu d'en finir avec cette affreuse vie, en se laissant mourir de faim. Le médecin \·oulut employer la force pour le faire manger. Il le frappa. Non seulement le haut magistrat qui m'a donné ce renseignement n'était pas un révolutionnaire, mais encore la rérnlution n'avait pas ses sympathies. Il me raconta cc fait sèchement, sans commentaires; et je n'ai aucune raison de clouter de son exactitude. La cruauté du régime au<1uclsont soumis les condamnés politiques clans « la section de· servitude pénale » de Pierre et Paul me parait, d'aillcur~, ,,urfi!"ammcntétablie par l'état de santé 0(1 -,e trouvent les prisonniers lorsqu'il,; sont cn!ln relaxés. En avril 1887, le mini!"tèrc de la police impériale envoya l'ordre au commandant de la forterC'sse de préparer une grande partie des condamnés politiques à partir pour les mines de la Sibérie orientale. Le commandant, après avoir consulté le médecin de la forteresse et l'officier qui devait conduire les exilés, dut répondre que la plupart des prisonniers désignés pa1· le ministère étaient si faibles qu'ils ne pourraient probablement supporter la fatigue de trois jours de voyage; que plus <lela moitié étaient incapables de se tenir sur leurs pieds; et enfin <[UC l'officier du convoi refusait de prendre les prisonniers dans de pareilles eonditions, à moins qu'on ne lui cnle\·ât toute responsabilité relativement aux décès qui se produiraient en route. Étant don née celte situation, le commandant conseillait de faire transférer les condamnés désil5nés pour la déportation dans la maison de détention préventive, et de les soumettre à un meilleur régime, jus<1u'àcc qu'ils euss~nt rccouné assez de force pour entreprendre cc long yoyage. Le directeur de la police in1périale suivit ce conseil, et ordonna le transfert dr vingt-deux prisonniers, parmi lesquels six femmes, d_an-,les ecllules, relativement saines et claires, des étages supérieur;, de la maison de détention préventive. Voici les noms de ces prisonniers, leur âge, leur situation sociale et le temps de servitude pénale qu'ils devaient subir:
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