1.A CHISE RÉVOLUTIO'i1\AIRE liN RUSi"IE l',\) XXV LA PRIVA TIO::-1 DES DROITS CIVILS. En Russie, quand un criminel est condamné par les tribunaux à Ja servitude pénale (Katorga), cette peine entraîne avec elle·la privation de tous ses droits civils. Il cesse d'ètre un citoyen, et perd non seulement tous les privilèges qui appartiennent à son rang ou à sa situation sociale, mais aussi tout droit sur ses biens, sur sa famille, sur lui-même, mème le droit de réclamer la protection de la loi, sa vie serait-elle mise en péril. Au sens exact du mot, il est hors la loi. Les fonctionnaires du gouvernement peu\·cnt en use1· avec lui comme avec un esclave. La période de servitude pénale qu'il a subie eût-elle été très courte, cette excommunication séculière n'est pas atténuée pour cela. Une condamnation à quatre jours de servitude pénale prive un criminel de tous ses droits ci\·ils et politiques, aussi complètement qu'une condamnation à vie. Ses biens vont à ses héritiers légaux, tout comme s'il était mort, à moins qu'ils ne soient confisqués au bénéfice de l'État. Il cesse d'exercer aucune autorité sur la famille dont il était le chef. ~es enfants passent sous la surveillance de l'f·:tat. Enfin tous ses pri\·ilèges sont si bien abolis qu'il n'est même plus à l'abri des ch.ltirnents corporels, et qu'on peut lui infliger soit les baguettes, soit le fouet. Mais ce n'est pas encore tout. Pendant « la période d'épreuve », qui dure d'un an et demi à huit ans, il ne lui est permis d'avoir ni lit, ni oreiller, ni cou\·erture, ni argent, ni livres, ni d'entretenir aucun rapport avec ses parents. On lui rase la moitié de la tête depuis le front jusqu'à la nuque; on le contraint à se vêtir du grossier uniforme des condamnés; à manger la même nourriture ; à trainer une chaîne et des fers aux pieds d"un poids de cinq lines. S'il se révolte, même sous l'influence d'un délire momentané, ses gardiens ont le droit de lui mettre les menottes, de le fouetter, de lui faire revêtir la camisole de force, de l'attache1· au mur de sa cellule, ou encore à une brouette (1). (l' Code pénal rûssc 1Ulozheine o :--;akazamakh). Édition officielle, articles :?:! ù. ~3 inclusivement, el articles 27 et 28, imprimerie du gou,·cnwmcnt, SainLPélersbourg, lll85. \'oi,· aussi les r;iglcments pour le traitement d<'s condamnés contenus dans le XIY• Yolume de la collection des lois russes (SYod Zakono(); et particulicrement les statuts relatifs aux exilés (Ustaù o S)clinkh) ;deuxième partie). Dans la forteresse, il est fait exception à la règle que les condamnés doivent
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