LES CONDITIONS DU TRAYAIL 141 associations ouvrières du royaume, nous dit en effet M. Millet, se sont jointes à ce parti. A Stockholm, 30 associations sur 4.9y sont affiliées. » Le rapport contient des renseignements précieux sur la multiplicité et l'importance de ces associations, qui couvrent le pays, malgré la dispersion des classes ouvrières sur un territoire immense. Le parti socialiste scandinave dispose donc de forces ouvrières imposantes, solidement organisées et disciplinées. Voici, résumées par M. Millet, les déclarations du Congrès socialiste de 1889: « 1° Le parti, bien que persuadé de la vanité <lesespérances fondées sur le suffrage universel, décide de lutter pour obtenir ce premier droit d'un citoyen libre; « 2° Le Congrès déclare que, pa1· rapport au parti ouvrier socialdémocratique, toutes les autres classes de la population ne sont qu'une foule réactionnaire. Cependant le parti consent à s'allier aux groupes politiques dont le programme ofîre certains points de ressemblance avec le sien; « 3° Le Congrès applaudit aux efforts des absolutistes, en vue de relever le moral de la population ouvrière en la détournant de la boisson; cc 4. 0 Le Congrès croit que les lois sur les assurances ouvrières ou les accidents du travail ne sont faites que pour tromper les ouvriers. Le Congrès demande donc : « a) Huit heures de travail au maximum; « b) Un salaire minimum assuré par l'Etat; « 3° Le Congrès repousse toute idée de l'emploi de la force pour les revendications des ouvriers. Les ouvriers sauront toutefois montrer leur puissance le jour où l'aveuglement des gouvernants les y forcera ; « 6° La religion est déclarée affaire priYée de chaque individu.» Voici en quels termes notre ministre raconte la manifestation du 1ermai 1890, organisée par le parti socialiste : « L'attitude des ouvriers, soit en Suède, soit en Norvège, a été « remarquable dans la manifestation du 1°, mai 1890. A Stockholm, « 20,000 ou 30,000 manifestants se sont réunis sans un cri, sans cc l'ombre de tumulte, pour se rendre à l'emplacement que la police « avait assigné au meeting et après avoir écouté tranquille- • ment l'exposé de leurs revendications, ils se sont dispersés « dans le même ordre. Presque tous, ils étaient vêtus avec décence « et propreté. il en a été de mème en Norvège, oü l'ordre n'a été « troublé nulle part. » Que ne peut-on décrire une pareille manifestation à Paris! Tel est l'ensemble des renseignements que nous fournit M. Millet
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